Je vis difficilement l'élimination des Éléphants, cette année, à la Can. Pas parce que je n'y suis pas habitué. Mais tout simplement, j'ai cru qu'ils pouvaient remporter le trophée. C'est un sentiment personnel. Et je sais que des Ivoiriens ont rêvé comme moi. Mais après leur déconvenue face au Nigeria, je me pose des questions. Des questions relatives à tout ce qui a concouru à leur premier sacre en 1992. L'heure est grave ! Les humiliations grandissantes et l'argent englouti par ces pachydermes importants. Akradio ou les sorciers d'Akradio, tout le monde en a plus ou moins entendu parler. Mon père me disait toujours, quand tu pactises avec le diable ou le sorcier, il faut toujours s'acquitter de ta dette, fut-elle contraignante. René Diby, Dieng Ousseynou et autres artisans du sacre en 1992 au Sénégal, doivent délier enfin la langue pour désenvouter les Éléphants. Ne riez pas, s'il vous plaît. Je suis au sérieux. Et vous également. Ne rions pas. On ne peut pas faire le tour des mosquées et autres églises pour demander le soutien en prières des guides religieux, avant le début de la Can. Alors qu'on sait que l'âme de l'équipe nationale repose entre les mains des sorciers. Longtemps, cette âme a été cédée aux sorciers qui l'ont bien confiné dans un canari. La sorcellerie a plusieurs aspects. La manière dont se fait la convocation en équipe nationale et le diktat qu'imposent certains cadres, sont une forme de sorcellerie. N'dri Koffi Romaric, dites-moi, est-ce aujourd'hui que l'on sait qu'il est important pour les Eléphants ? Il est rentré dans le contexte, raison pour laquelle, il est revenu au premier plan. Certains joueurs paient pour être appelés en sélection. Aussi, les différents sélectionneurs se laissent manipuler par les cadres de la sélection. Savez-vous pourquoi ils ont sacrifié Zahoui Fancois ? Surement non. Je vous le dis donc. Zahoui a osé dire à certains cadres qu'il ne compterait pas sur eux pour les éliminatoires du mondial. Et qu'il allait se séparer d'eux de façon progressive. En clair, les cadres qui ne respirent pas la grande forme seraient mis à l'écart. C'est de là qu'est parti son malheur depuis l'échec en finale de la Can 2012. C'est aussi une forme de sorcellerie. Aujourd'hui, l'on a pu voir des cadres de la sélection, émoussés mais titulaires sur le terrain, pour un match aussi décisif face au Nigeria. C'est ça la vraie sorcellerie. Et Sidy Diallo, dans tout ça ? Décidément. Les journalistes sportifs ivoiriens n'ont pas aussi joué leur rôle. En ce sens que pendant que la majorité des journalistes objectifs criaient au scandale après la nomination de Sabri Lamouchi, il s'est trouvé des concerto-moralistes. Ils nous ont traités de tous les noms. Sportivement.
Par Annoncia Séhoué