Les parents d'élèves de Bouaké sont très amers contre l'attitude des deux parties en présence au moment où une grève sévère a bloqué une fois de plus, l'école ivoirienne. Déclenchée pour 72 heures, la grève des enseignants portera à 10 semaines le nombre de semaines cumulées de perte d'enseignement au détriment des élèves ivoiriens. Face à cette situation qui n'a que trop duré, les parents d'élèves en appellent au Président Alassane Ouattara. « Il aurait dû parler aux mécontents, car il est le père de tous les Ivoiriens, face à l'échec des négociations et a la radicalisation des positions, il aurait dû réagir » ont fait savoir des parents d'élèves rencontrés dans des écoles primaires vides. Ils accusent les enseignants de faire de la surenchère tout en mettant à l'index le gouvernement. « On sait dans quelles conditions le Président Alassane Ouattara a pris ce pays après la mauvaise gouvernance des refondateurs, si une partie de l'argent est payé, que les enseignants comprennent et fassent des efforts. » a affirmé pour sa part un parent d'élève. « Si cela continue, nous serons obligés de faire déloger ceux du privé, car, tous ces enseignants ont leurs enfants dans les établissements privés où eux-mêmes y enseignent tandis que les ministres n'ont pas leurs enfants ici dans nos écoles. » a renchéri un autre, lui-même enseignant à la retraite et membre d'un comité de gestion à Bouaké. Le Président de la République devrait donc monter au créneau pour mettre un terme à cette situation aux conséquences désastreuses. Le Président Alassane Ouattara dont le programme présidentiel d'urgence a permis la construction de centaines de salles de classe sur l'ensemble du territoire national a fait des secteurs sociaux de base, une priorité. Il faut un personnel disponible et dans des conditions idoines de travail pour les faire fonctionner. Toutefois, la recherche minimale de conditions décentes de travail et de vie ne saurait donner lieu à de la surenchère. Il faudrait faire preuve de bonne foi face aux efforts consentis par le gouvernement par ces temps de rigueur budgétaire dictée par les institutions financières internationales. En son temps, Laurent Gbagbo avait opposé un refus catégorique à ces grévistes menaçants par un retentissant, « je ne vous augmenterai pas de cinq francs, vous n'aurez rien et il n'y aura rien ». Ceux qui avaient observé l'arrêt de travail ont vu leurs salaires suspendus.
Adam's Régis Souaga