Nous le critiquions avec force détail, certains choix de la direction du RDR pour les législatives partielles, les municipales et les régionales à venir ne sont pas bons. D'aucuns dirons, pourquoi le RDR et non le PDCI ou l'UDPCI. Mais justement parce que c'est le RDR qui est au pouvoir et que curieusement l'exercice du pouvoir révèle au grand jour un parti que sa base ne reconnaît plus.
Nous mettions tout simplement en exergue des frustrations, des contestations et des récriminations de la base militante. Mais face à la grogne, l'on a préféré la logique de récompense de cadres qui auraient livré leur poitrine aux heures d'oppression du parti. Pensant tout bêtement comme c'est souvent le cas avec les politiciens qu'il suffit que la direction «dicte », donne un mot d'ordre pour que les militants s'exécutent. Et dans ce type d'approche, comme hier pour Laurent Gbagbo avec le FPI, aujourd'hui, c'est le nom du président Alassane Ouattara qui est chanté partout pour faire accepter un candidat. «C'est le choix du président Ouattara», entend - on bien souvent dire. Oubliant que ce nom n'est plus un fonds de commerce qui mobilise instantanément les militants depuis qu'il est au pouvoir. C'est que chacun pense désormais à ses propres intérêts dans un contexte où le président de la république lui-même reconnaît avec les populations que l'argent, ce nerf de la guerre, ne circule pas.
L'échec du directeur du CROU de Daloa, Alexis Kpokpa, choix de la direction du RDR sous le ministre Amadou Soumahoro aura donné raison aux partisans de l'indépendant Koné Issiaka. Secrétaire administratif départemental du parti au pouvoir à Issia. On pourrait alors s'étonner de ce revers si seulement l'on ignorait que le RDR lui-même est né d'une frustration en 94. Autant cette frustration a porté des fruits en faisant de son mentor, Alassane Ouattara, l'actuel président de tous les ivoiriens, autant les frustrés qui osent s'afficher en indépendant et qui l'emportent, remarquablement, sur les oints du parti, constituent des forces en moins pour le RDR.
A Issia, les militants ont préféré Koné Issiaka à Alexis Kpopka aux législatives partielles. Il y a forcement des enseignements à tirer. Informateur.info qui a suivi de bout en bout la campagne et l'élection dans cette zone, autrefois bastion imprenable du FPI, est en même d'affirmer que trop de griefs étaient reprochés au candidat Alexis Kpopka.
A l'écoute des militants de base, notamment au sein du RJR et du RFR, on l'accuse d'avoir battu, aux législatives de décembre 2011, une contre campagne contre les choix du parti qui étaient Trazéré Olibé Célestine et feu Dr Diomandé Mamadou. Ceux-ci (RJR et RFR) qui ont pris fait et cause pour le candidat indépendant, ont estimé qu'on ne peut pas avoir tenté d'empêcher le Dr Diomandé d'être élu et vouloir, le remplacer, après son mort. Alexis Kpokpa, faut-il aussi le faire remarquer, n'est porté ni en amitié, ni en fraternité par la communauté malinké et sa propre communauté bété. Un grand parti comme le RDR pouvait-il ignorer ces faits au point de le choisir comme candidat ? Il faut être vraiment coupé des réalités du terrain pour donner suite à un tel choix.
Et comme à Issia, à Abobo commune, des militants s'apprêtent à sanctionner aux urnes le choix du maire sortant, Adama Toungara, aux municipales. Lui reprochant un insolent cumul de postes, (Maire- Député-Ministre) mais surtout d'être une autorité qui n'a jamais le temps pour ses administrés. Idem à Duékoué, où l'on compare déjà Jean Glao, le choix du parti au détriment de Séabé Michel, à une feuille de paille. Peut-être est-il encore temps d'ajuster ce qui peut l'être encore. Y compris le perchoir actuel du Secrétariat Général qui, il faut le dire tout net, cristallise depuis peu des mécontentements et des frustrations. Car l'enjeu c'est demain, 2015.
Jean François Fall