Plus de peur que de mal ! Les forces de défense et de sécurité du Burkina ont intercepté un colis suspect le 3 février dernier à l'aéroport international de Ouagadougou. La nature exacte de ce colis n'a pas été officiellement révélée mais, il a été illico presto détruit et l'individu mis en cause arrêté. S'agit-il d'une ouvre d'un djihadiste ? L'on ne saurait l'affirmer pour l'instant. Mais cette piste n'est pas à écarter d'autant que les islamistes ont menacé les pays en guerre au Mali de représailles. Le Burkina est dans l'oil du cyclone et avait même été averti. Il serait donc léger ou imprudent de ne pas en tenir compte. En attendant que l'enquête, ouverte à cet effet, nous situe davantage sur la dangerosité de ce colis, l'on peut d'ores et déjà saluer la vigilance des forces de défense et de sécurité. Faut-il le rappeler, l'interception du colis suspect n'est pas le premier succès du Burkina dans la lutte contre le terrorisme ou dans la traque des individus peu fréquentables. L'on se rappelle que l'Ivoirien Sia Popo Prosper, qui avait réussi à franchir bien des frontières en possession d'une importante somme d'argent, avait été appréhendé à l'aéroport international de Ouagadougou. C'est dire que nos forces de défense et de sécurité ont une expertise en la matière. En tout cas, c'est la preuve qu'elles veillent au grain, que les déclarations des responsables politiques et de la sécurité ne sont pas de vains mots. Nous traversons une période d'insécurité jamais égalée à cause de la recrudescence du terrorisme et du trafic de tout genre dans le Sahel, et chaque Etat de cette zone doit être capable d'assurer au mieux la sécurité de ses citoyens. Certes, en matière de sécurité, le risque zéro n'existe pas. Cependant, l'on doit pouvoir rassurer les populations à travers des actions concrètes comme celle que nos forces de défense et de sécurité viennent de réaliser. La face hideuse du terroriste que nous montrent aujourd'hui les islamistes mérite que l'on soit plus prudent. Il n'est plus question, de nos jours, de croire qu'avec de vieilles méthodes et des moyens insignifiants, l'on peut assurer notre sécurité. Non, aux grands maux, les grands remèdes. Nos forces de sécurité doivent, plus que jamais, cultiver l'esprit d'anticipation car, il n'y a que les vivants qui ont le plus besoin de la sécurité et non les morts. Elles doivent être capables de prévenir le danger plutôt que de chercher à panser des plaies. Il est certain que le Burkina a mis en place un dispositif sécuritaire pour parer à toute éventualité. Mais comme le dit l'adage, mieux vaut pécher par excès de prudence que par excès de confiance. Il est nécessaire de redoubler de vigilance, notamment au niveau de certains sites stratégiques tels que les marchés et yaars, les hôpitaux, les lieux de culte, pour ne citer que ceux-là. Et avec l'organisation du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), la vigilance doit être davantage de mise. Les populations sont déjà appelées à collaborer avec les forces de l'ordre. Car en assurant la sécurité des autres, on assure sa propre sécurité. L'international terrorisme n'épargne personne. Et tout le monde devrait mettre un point d'honneur dans cette quête permanente de sécurité.
Dabadi ZOUMBARA