Mais si l'on ne peut pardonner, cela ne vaut pas la peine de vaincre(Victor Hugo)
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Côte d'Ivoire: le chef de la Commission réconciliation exhorte au dialogue
Article publié le: 29 Août 2012 - Auteur: AFP - Source: AFP
Le chef de la Commission réconciliation ivoirienne appelle le président Alassane Ouattara à prendre des "initiatives" en vue de relancer le dialogue, au moment où le pays connaît son plus grave regain de tension depuis la crise de 2010-2011, dans un entretien avec l'AFP.

"La Nation ivoirienne est en danger", alerte l'ex-Premier ministre Charles Konan Banny, président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, dans cet entretien réalisé mardi.

Une série d'attaques meurtrières menées depuis début août contre l'armée, suivies d'arrestations de hauts responsables du camp de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont arrêté la normalisation en cours depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts.

Pour M. Banny, le danger qui guette le pays, c'est sa "déstructuration" sous l'effet "de la haine, des violences, de l'intolérance".

"Il n'est pas trop tard", explique-t-il cependant. "Nous trébuchons, nous n'avons pas encore chuté". Alors comment éviter une chute - ou une rechute - mortelle? Par le "dialogue", réplique-t-il.

C'est d'abord l'affaire des responsables, et du premier d'entre eux, Alassane Ouattara, le vrai "patron", lance M. Banny: "j'attends du chef de l'Etat, président de tous les Ivoiriens, qu'il prenne des initiatives en ce sens".

Accepter la main tendue

Avec son mélange de fermeté et de pondération de grand notable bientôt septuagénaire, le "réconciliateur" interpelle également les partisans de Laurent Gbagbo. Leur mentor est incarcéré depuis fin 2011 à La Haye par la Cour pénale internationale, qui le soupçonne de crimes contre l'humanité commis durant la crise, née de son refus de reconnaître sa défaite à l'élection de novembre 2010.

"Ceux qui ont perdu le jeu démocratique", comme "les autres partenaires socio-politiques, doivent accepter aussi de venir à la table du dialogue en toute honnêteté, liberté et sincérité".

"Il faut que la main tendue soit acceptée", mais il faut aussi "convaincre les uns et les autres que la main tendue est sincère", résume-t-il.

Le gouvernement a inauguré en avril un "dialogue politique" avec l'opposition. Mais le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), de loin l'opposant principal, est resté volontairement à l'écart, réclamant des discussions bilatérales avec le pouvoir.

Et les derniers événements bloquent pour l'heure tout rapprochement. Les autorités accusent des pro-Gbagbo d'être derrière les attaques contre l'armée et de rêver de déstabilisation. Le FPI dément. Des deux côtés, le ton s'est durci comme jamais depuis un an.

Le dialogue tel que le conçoit M. Banny pourrait l'amener à échanger avec M. Gbagbo lui-même, comme l'hypothèse en court depuis des mois. Cela peut se faire "directement ou indirectement", dit le président de la commission, sans s'avancer davantage.

Le chef des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo, Charles Blé Goudé, a pris les devants. Depuis son exil, il a écrit au patron de la Commission réconciliation pour lui proposer une rencontre. "Il recevra la réponse", élude l'intéressé, soulignant que l'ex-"général de la rue" est poursuivi par la justice ivoirienne, qui a émis un mandat d'arrêt international. "On n'est pas là pour absoudre a priori".

Régulièrement critiqué par la presse comme par les responsables ivoiriens de tous bords, qui se demandent où il va et ce qu'il fait depuis un an, M. Banny veut rassurer. La Commission réconciliation est à la tâche, dit-il, non sans appeler l'Etat à "faire plus" pour lui fournir les ressources financières nécessaires à sa mission.

Son objectif est d'installer en novembre des commissions locales à travers le pays. Après, viendra l'heure de vérité: des audiences donneront la parole aux "victimes" et aux "bourreaux" pour que les fautes soient reconnues, de même que le droit des victimes à une réparation. Le pardon doit permettre de "donner un avenir à la nation ivoirienne".
Les réactions
 
Abou  a écrit
02 Septembre 2012 11:18:20
La réconciliation en cote d'ivoire d'accord mais pas a n'importe quel prix ,mais je me pose souvent la question de savoir si le président de la cdvr 'BANNY joue franc jeux cela fait plus 1 an qu'il est a ce poste alors les ivoiriens attend un mini bilan de tout ce qu'il a fait du cote du pouvoir comme du cote de l'opposition , nous sommes tous de la cote d'ivoire et nous sommes condamnes a vivre ensembles mais nous ne sommes pas obliges d'être d'accord sur tout .
Si le FPI ne veut pas de la réconciliation ce n'est pas un problème tôt ou tard on va finir par comprendre que la guerre ne nous arrange pas ,mais le problème du FPI c'est de revenir aux affaires d'état mais n'oublier pas que vous n'aviez pas la notion de la gestion des affaires ,je pense que vous avez fait assez de mal aux ivoiriens donc vous êtes bien la ou vous êtes donc chers amis du FPI , courage pour les futurs manifestations .
 
Akobla  a écrit
31 Août 2012 03:27:12
Merci aussi à toi @Damoclès pour le partage. Akobla.
 
Damoclès  a écrit
30 Août 2012 10:06:36
@Akola,tu as tout dit. 100% d'accord avec ton analyse!... Banny demande au PR de prendre des initiatives, mais quels initiatives?
Banny lui même avait prôné le tandem avec Gbagbo qui a freiné brutalement des quatre fers, avant de l'éjecter du tandem!et préparer le coup du "on gagne où on gagne de 2010!... l'a t'il oublié?...Le dialogue d'accord mais la JUSTICE doit passer d'abord!...si notre pays veut connaitre une PAIX DURABLE!...Merci Akobla.
 
Akobla  a écrit
29 Août 2012 02:32:28
Le FPI veut un COPIER/COLLER de ce que Gbagbo a fait avec l'AMNISTIE pour ceux de la rébellion et ceux de son camps, tous impunis et protégés. Voilà ce qu'ils veulent, et les victimes dans tout ça ??? Elles qui n'ont pas finis de souffrir...

Mais la rébellion et la crise post électorale sont deux choses fondamentalement différentes, et le FPI veut faire avaler cette couleuvre coûte que coûte au pouvoir actuel. Non, Gbagbo a perdu, il devait partir et c'est tout, il serait parti quitte à revenir dans l'opposition ferme et acerbe (comme ils savent le faire) nous n'aurions pas eu de crise post électorale. Il a refusé de quitter le pouvoir et pour s'y maintenir il a utilisé armes et mercenaires en quantité exponentielle, s'en est suivie le bilan catastrophe que l'on connait. On ne peut amnistier ces fauteurs de troubles et tueurs. Si vous le faites ce sera la boite de Pandore ouverte à tous les abus et sans restriction aucune. Il faut que le cycle de l'impunité et celui de la violence à chaque fois répété s'arrête enfin une fois pour toutes. Dialogue et réconciliation oui mais pas sans JUSTICE. Et commencez à demander déjà PARDON AU PEUPLE DE COTE D'IVOIRE A QUI VOUS AVEZ FAIT TELLEMENT DE MAL. Les discussions pourront commencer après, que monsieur Banny ne se fasse pas l'avocat du diable de grâce. On connait les fauteurs de troubles et les incitateurs à la haine et l'envie de meurtre sur la personne du président Ouattara. Akobla.
 
Beugré Julien  a écrit
29 Août 2012 10:52:05
Le FPI veut plutot en découdre avec ADO.

Le FPI n'a jamais accepté sa défaite.

Le FPI veut par tous les moyens revenir au pouvoir.

Or, la reconciliation mettrait de l'eau dans ses mouvements.

Donc, pas de reconciliation pour le FPI.
 
Pytagor  a écrit
29 Août 2012 09:52:15
c'est quoi cette question de reconciliation la?
M. BANNY vous savez pertinenment qu' elle peut pas avoir lieu!!! le regime en place a trop vite appelé a la reconciliation!!! nulle part ailleurs on n'a obligé quelqu'un aller à la reconciliation. c'est de facon consentuelle qu'on y va.
ce que veut le FPI, ce sont des negociations politiques, des accords politiques du genre de ceux de linas marcoussis en 2003. Pour eux la crise invoirienne ne peux pas prendre fin avec les elections de 2010. ces elections doivent etre considerées comme n'avoir jamais eu lui....
La seule chose qui reste a faire pour eux, c'est de semer le bordel afin d'amener le gouvernement a la table de negociation. celui ci se laissera t-il faire? là est la question..
c'est la seule voie que le FPI empruntera et ça vous le savez!!
 
Ami  a écrit
29 Août 2012 08:35:39
Mr Konan BANNY nous voulons tous la réconciliation pas à n'importe quel prix, depuis que Mr OUATTARA est Président il a tendu la main aux gens d'en face ils n'en veulent pas chaque fois des insultes à son encontre dans les journaux bleus, vous êtes nos anciens vous êtes plus sages que nous les jeunes desolée Mr Konan BANNY je ne peux accepter tout ce qu'il encaisse,quelle est cette haine envers lui, il n'a tué personne c'est les refondateurs qui doivent aller vers lui il a beaucoup fait reconciliation ou pas il a une ambition relever le defis de la c.i. Mr KONAN BANNY allez voir le fip qu'il mette de l'eau dans leur vin.