Mais si l'on ne peut pardonner, cela ne vaut pas la peine de vaincre(Victor Hugo)
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La presse locale ciblée et harcelée en Côte d'Ivoire
Article publié le: 28 Août 2012 - Auteur: CPJ - Source: CPJ
Lagos, Nigeria, le 24 août 2012, - Les autorités ivoiriennes devraient arrêter la censure de la publication d'informations critiquant le gouvernement et enquêter sur une attaque armée contre les locaux d'un groupe de presse, a déclaré aujourd'hui le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
« Nous invitons le président Alassane Ouattara à faire preuve de tolérance et d'engagement envers les principes démocratiques » a dit Mohamed Keita, coordonnateur du Plaidoyer pour l'Afrique du CPJ basé à New York. « Comme le pays fait face à une période de grande tension, le président peut donner un signal fort en permettant aux voix de l'opposition de faire connaitre leurs préoccupations et opinions, aussi durs qu'ils puissent être », a-t-il ajouté.
Le Conseil national de la presse (CNP) de la Côte d'Ivoire a suspendu le quotidien Le Temps le 03 août courant pour 20 éditions pour un article publié le 24 juillet dernier que le CNP a jugé diffamatoire à l'endroit de M. Ouattara , a dit Raphael Lakpé, président dudit Conseil, dans un entretien sur l'ONUCI FM, une station financée par l'ONU. Le Temps, qui est fidèle à l'ancien président Laurent Gbagbo, avait publié un article sur la violence entre les partisans de M. Ouattara et ceux de M. Gbagbo et avait qualifié le président actuel de « vampire macabre », selon des médias. Des groupes d'opposition ont régulièrement accusé M. Ouattara et ses alliés d'avoir ciblé les partisans de M. Gbagbo.
Le rédacteur en chef du quotidien Le Temps, Simplice Allard, a été aussi suspendu et interdit d'écrire pour le journal pendant un mois, selon des médias.
Dimanche matin à Abidjan, un groupe d'hommes armés non identifiés a attaqué les studios du Groupe de presse Cyclone qui publie Le Temps, selon des médias. Les hommes ont agressé un agent de sécurité, incendié une salle, saccagé les studios et volé plusieurs ordinateurs, a rapporté l'Agence France-Presse (AFP). Personne n'a été blessé dans l'attaque, qui a causé des dégâts considérables dans les locaux dudit groupe, selon l'AFP. La police n'a pas encore procédé à des arrestations, selon des journalistes locaux, qui ont ajouté qu'ils sont convaincus que l'attaque contre ledit groupe a été perpétrée en représailles aux reportages du Temps critiques à l'égard du gouvernement de M. Ouattara.
Dans un autre cas de censure officielle, le CNP a suspendu le 08 août courant Bôl' Kotch, un journal satirique privé, pour huit éditions pour des articles et des dessins animés critiques à l'égard du président Ouattara qui ont été publiés dans son édition du 27 juillet dernier, a rapporté l'agence de presse ivoirienne (AIP). Le CNP a ciblé une caricature d'un échange entre M. Ouattara et un chef militaire qui faisait penser que le président utilisait des groupes ethniques de chasseurs traditionnels pour combattre les pro-Gbagbo dans la crise qui sévit dans l'ouest du pays, selon des médias.
Au moins un journaliste qui a largement couvert les activités de l'ancien président Gbagbo a avoué au CPJ qu'il craint pour sa vie. Alain Tiéffi, l'éditeur photo du quotidien d'État Fraternité Matin, a dit que ses voisins lui avaient suggéré de quitter sa maison sise à Yopougon, une banlieue considérée comme un bastion de M. Gbagbo. Les forces de sécurité, en réponse aux attaques armées contre des positions gouvernementales, ont fait des descentes dans des maisons à Yopougon ces dernières semaines et arrêté des personnes soupçonnées d'être liées aux partisans armés du président évincé, selon des médias.
M. Tiéffi a déclaré au CPJ que des combattants fidèles à M. Ouattara avaient saccagé sa maison en mai 2011 et pointé une arme à feu sur sa tête. « Je suis le seul journaliste dans la zone où je vis. Ma femme, mes enfants et mes beaux-parents vivent tous avec moi. Actuellement, je ne sais pas quoi faire. J'ai peur », a-t-il confié au CPJ.
Gérard Gnawa, porte-parole de la police d'Abidjan, n'a pas voulu dire au CPJ si la police était en train d'enquêter sur cette affaire.
Un groupe de six quotidiens soutenant l'opposition a refusé de publier ses journaux les 24 et 25 août pour protester contre l'attaque contre le Groupe de presse Cyclone et les menaces et agressions auxquelles des journalistes ivoiriens ont subis ces derniers mois, selon des médias. Le Groupe a dit que le refus de publier visait à montrer « le risque de périr qui plane sur la vie des journalistes ».
· .Pour plus de données et d'analyses sur la Côte d'Ivoire, veuillez cliquer ici.
Le CPJ est une organisation indépendante, à but non lucratif basée à New York et dévouée à défendre la liberté de la presse dans le monde.
Les réactions
 
Forestier De Lahou  a écrit
28 Août 2012 07:12:23
La liberté de la Presse N'EST PAS le droit de publier n'importe quel mensonge dans le but délibéré de nuire. D'autant plus lorsque ces nuisances concernent l'ensemble de la société d'un pays qui déploie des efforts considérables pour sortir du gouffre.
Messieurs les Américains,
1- Commencez par donner l'exemple et balayer devant votre porte avant de prétendre donner des leçons à l'ensemble de la planète. Les persécutions que vous menez envers le dirigeant de Wikileaks sont un exemple de votre conception de la liberté de la Presse, c'est à dire à sens unique. Je sais d'autre part pour l'avoir vécu qu'un journaliste ne pénètre pas sur le territoire américain sans être un minimum inquiété.
2- Venez en Côte d'Ivoire enquêter et lisez les articles de notre brillante presse. Faites votre contre-enquête et voyez avec quel professionnalisme elle traite l'information. Quand vous aurez pu vous forger une opinion, voyez qui a le droit au titre légitime de JOURNALISTE et mérite d'être défendu à ce titre, et qui n'est qu'un sale menteur et mérite d'être poursuivi pour diffamation, atteinte à la sûreté de l'Etat et à la dignité des chefs d'Institution, Président de la République en tête.
Une fois de plus, LA LIBERTE DE LA PRESSE CA SE MERITE et c'est assujetti au strict respect d'un code de déontologie. Ce n'est pas la liberté d'écrire n'importe quoi et de crier au scandale quand le mensonge est révélé et réprimé.
 
Mdk  a écrit
28 Août 2012 06:06:08
si vs savez ce que ces imbéciles écrivent chaque matin vous n'allez pas les défendre.
Au nom de quel droit on doit mettre la cohésion sociale en mal?