Quel bonheur unique, que cette période sacrée, le souvenir d'ALLAH, sait nous réconfoter, je puis vous l'assurer, il faut en profiter.
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Chronique de Kodjo Epou
Togo : panique au sommet de l'état, le PM démissionne
Article publié le: 12 Juillet 2012 - Auteur: Kodjo Epou - Source: Lebanco.net
Le Togo a atteint le bout du bout. Prétendument homogène, son gouvernement vit à l'ombre de conflits d'intérêts divers, bassement et crapuleusement matériels, le portant à empiler les vices, à inviter sans cesse l'apocalypse. En face, la rage et le désarroi du peuple sont sans commune mesure. La hiérarchie militaire attendue à la rescousse, désespérément, est restée assoupie, retenue par la peur. Parfois par l'argent. L'autre recours, la communauté internationale, a choisi quant à elle de contempler la tragédie. Il faut que ce soient les togolais eux-mêmes qui règlent le problème, semble dire son silence. Maintenant, les togolais ont compris le message !
Que personne ne joue la carte de l'étonnement, que personne ne se laisse tromper par les faux témoignages ! La mobilisation de la Diaspora, de plus en plus énorme, les manifestations populaires dans nos villes et villages, celles qui, demain, vont spontanément drainer des foules, toujours grandissantes, sont les conséquences du totalitarisme qui rampe au Togo, se traduisant par une violence policière impulsive et un nombre croissant de périmètres interdits mis en place par Faure pour installer son pouvoir dans la durée. La démission (?) de Houngbo est indissociable de ce plan obscur.
Redisons-le encore une fois, une centième fois : cinquante ans de règne d'un seul parti, d'une seule famille, c'est trop. Autrement, c'est se méprendre sur la réalité que de croire que la rue va s'apaiser et voir le petit dictateur survivre à 2015 en utilisant les mêmes lois qui ont permis à son père de régner sur le pays pendant quatre décennies. Le prédateur, ses loups déchaînés, ne peuvent plus bluffer. Les formules magiques d'hier sont, de nos jours, vétustes. Totalement inadaptées. Il aurait suffi que Faure, très tôt au début de son premier quinquennat, l'ait compris.
Mais, étant d'un genre bas de gamme, le RPT a cru pouvoir continuer à « diviniser » son règne, et ses pious-pious, à menacer de leurs foudres les opposants authentiques qui réclament une transition afin de doter le Togo d'une autorité légale, légitime et respectable. Aujourd'hui, ils sont aux abois, face à la capacité de mobilisation du CST. La mise à la porte de Houngbo et son épilogue de bricolage politicien qui va suivre dans les prochains jours ne vont rien arranger. Il est désormais clair pour la majorité des Togolais que le départ du RPT, de pair avec celui de son président, Faure Gnassingbé, reste le seul et unique sujet à l'ordre du jour. Ceux qui feignent de ne pas voir les choses en ces termes peuvent continuer à rêver. Dans tous les cas, le compte à rebours est amorcé. Les signes ? Il y en a beaucoup. Déjà, la démission forcée du Premier Ministre est l'un des plus palpables.
Récemment, le colonel Dokisime Gnama Latta, ministre de la Sécurité a, à grand fracas et sans crainte du ridicule, affirmé ne pas savoir d'où viennent les ordres de réprimer les manifestations du Collectif « Sauvons le Togo ». Pas plus qu'il ne saura jamais lesquels des éléments de sa propre police ont molesté le journaliste Atayi Ayi du journal « Forum de la semaine ». Agression que le très réputé « Comittee to Protect Journalists »(CPJ) a, depuis son siège New Yorkais, condamnée fortement. En clair, le zèle et le désordre des forces de l'ordre togolaises ont, ces derniers temps encore, largement franchi les frontières.
Comme pour accroître les peines du pouvoir, le personnel du corps de la magistrature hausse le ton, ne pouvant plus cacher ses fissures. Des remous couvent dans ce corps. Certains juges découvrent - c'est tant mieux - que c'est une ignominie qu'ils en soient à piloter l'arrière train de la République, au service exclusif d'un homme, d'un clan, souvent contre des miettes, alors que le serment les appelle à l'avant-poste du processus démocratique. Quand les magistrats se fâchent, bien de secrets pourraient se retrouver sur la place publique. Faure, le sachant a des soucis à se faire. Et puis, c'est au moment où l'apprenti monarque prend l'eau de toutes parts, que le mécontentement enfle, dans son entourage immédiat. Certains fidèles ne supportent plus que « les leviers de l'économie nationale se soient retrouvés entre les mains des innombrables maîtresses du chef de l'état et de quelques hommes d'affaires étrangers véreux. D'autres ne décolèrent pas de voir des officiers de l'armée appartenant a l'ethnie du président intervenir à tout bout de champ dans les affaires politiques du pays, donnant parfois des ordres aux ministres et meme désespérément au Premier Ministre».
L'ancien cadre onusien, Houngbo, ne devrait pas, normalement, voir d'un bon oil cette personnalisation de la gestion de l'état qui conduit trop souvent le président à se faire prendre la main dans le sac. La semaine dernière, le parti au pouvoir, en toute illégalité, a carrément violé un espace interdit, en faisant lire, en plein journal de 20 heures sur la télévision d'état, un communiqué demandant aux gens d'aller prendre la carte de UNIR, l'autre nom du RPT. Exactement comme au temps du parti unique. Le journaliste tout cravaté avait de la peine à dissimuler sa gêne et montrait, à le voir, un air pitoyable. Tant de failles, à la fois, dans le corps d'un pouvoir ne sont pas fortuites. Bien au contraire. Elles sont, lorsqu'on les met bout à bout, des signes irréfutables d'une panique, d'une perte d'espoir en mouvement au sommet.
L'âge, les chahuts quotidiens de la rue, l'environnement mondial jouent contre le RPT. Celui-ci n'est pas seulement médiocre, corrompu et lassant. C'est une catastrophe nationale. Un système de récupération dont la précairité frappe. Il peut, à tout moment, s'écrouler. Mais, demain ne sera pas la veille, la fin de tout, si les progressistes de l'opposition reunis au sein du CST baissent les bras. S'ils mordent à l'appât d'un quelconque Gouvernement d'Union Nationale, comme cela semble profiler à l'horizon. A moins de ne ressentir aucune gêne, à l'instar de ceux qui s'estiment confortables avec un pouvoir qui a fini par réduire douloureusement la patrie à la portion congrue d'une plantation de cacao familiale, il faut maintenir le cap de la mobilisation générale. Le changement, c'est maintenant car, le Togo ne peut plus attendre.

Kodjo Epou