Quel bonheur unique, que cette période sacrée, le souvenir d'ALLAH, sait nous réconfoter, je puis vous l'assurer, il faut en profiter.
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Bilan de ses 100 jours à la Primature, Ahoussou parle : « Je ne suis ni pressé, ni sous pression »
Article publié le: 10 Juillet 2012 - Auteur: Nouveau Réveil - Source: Nouveau Réveil
Il était en déplacement aux Etats-Unis, en mission officielle lorsque retentit la cloche annonçant ses 100 jours à la Primature. « Le Nouveau Réveil » qui voulait marquer le coup à travers une édition spéciale, a eu le privilège d'échanger avec Me Jeannot Kouadio-Ahoussou sur ses 100 premiers jours. Sans détours, il répond à toutes nos questions et aux préoccupations des Ivoiriens. Exclusif !

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes sur le continent américain dans le cadre d'une série de séances de travail aux Etats-Unis. Peut-on avoir vos sentiments suite à ces séances de travail ?

Nous nous sommes rendus aux Etats-Unis pour reprendre notre place au sein de l'Agoa. L'Agoa, je le précise, est un mécanisme mis en place pour aider les pays africains à venir vendre hors taxe des marchandises sur le territoire américain. C'est un moyen pour les dirigeants américains d'aider les pays africains à prendre leur part dans le commerce mondial. Par deux fois, nous avons été éligibles à l'Agoa, Cependant compte tenu de la situation sociopolitique que nous avons connue, nous n'avons pas su tirer profit de cette opportunité. Aujourd'hui, c'est la première fois que nous participons à un si haut niveau à une rencontre sur l'Agoa entre le gouvernement américain et les pays éligibles. Mon sentiment, et cela a été relevé par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui était porteuse d'un message du Président Barack Obama,, c'est que nous, pays africains, n'avons pas tiré suffisamment profit de toutes les opportunités qu'offrait l'Agoa. En effet, nous n'avons utilisé que 8% en moyenne des possibilités d'exportation de produits. Nous devons oeuvrer avec les opérateurs économiques ivoiriens et africains, pour inverser cette tendance.
Par ailleurs, nous avons rencontré les responsables du Millenium Challenge Corporation. Nous comptons tirer le meilleur profit du MCC comme le Ghana le fait présentement. Si vous allez au Ghana aujourd'hui, vous verrez des ponts et des routes, cela est possible grâce au MCC. C'est un programme de dons d'au moins 300 milliards de FCFA. Pour accéder au MCC, il faut remplir des conditions qui relèvent de valeurs qui caractérisent l'Amérique : respect de la chose publique et de l'argent public, lutte contre la corruption, scolarisation des enfants, respect et promotion de la femme, santé pour tous, etc. Le gouvernement, sous la houlette du Président OUATTARA, partage ses valeurs qui relèvent globalement de la bonne gouvernance. Aussi, espérons-nous être éligibles d'ici décembre ou au plus tard à la session de l'année prochaine. Il est une chose qu'il est important que les Ivoiriens sachent, c'est que le seul nom de leur Président, de notre Président Alassane Ouattara, suffit à ouvrir les portes dans le milieu de la finance internationale. Nous avons pu nous en rendre compte par nous-mêmes ici aux Etats-Unis.

La fin de votre séjour en Amérique, qui a tout l'air d'une tournée internationale, va coïncider avec vos 100 jours à la tête du gouvernement ivoirien. Comment jugez-vous votre bilan ?

Je ne crois pas qu'il faille parler de mes 100 jours à la tête du gouvernement, quoique et par ailleurs, je suis très mal placé pour juger mon bilan. L'action gouvernementale s'inscrit dans la continuité des actions entreprises depuis un an. Il n'est donc pas juste de parler de mes 100 jours, mais du bilan du gouvernement installé en juin 2011 et auquel j'appartiens depuis cette date en qualité de Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. En matière de bilan du gouvernement donc, vous pouvez vous-même vous rendre compte des avancées en un an. Prenez la Côte d'Ivoire de juin 2011 et regardez la Côte d'Ivoire de juin 2012. Le Président a été investi en mai 2011 à Yamoussoukro. Rappelez-vous qu'à cette époque encore on parlait de miliciens et de combats dans certains quartiers de Yopougon. En juin 2011, rappelez-vous qu'on parlait encore de mercenaires libériens qui semaient mort et désolation sur la route de leur cavale à l'ouest du pays.
Il y a un an, les ordures ménagères n'étaient pas ramassées à Abidjan, plusieurs quartiers d'Abidjan et d'importantes villes de l'intérieur du pays subissaient des délestages électriques et faisaient face à des pénuries d'eau. Il y a un an, les routes de Yopougon, du Plateau Dokui, d'Abobo, etc., étaient pour certaines impraticables, de nombreuses routes dans les villes de l'intérieur du pays n'existaient que de nom, les barrages routiers étaient innombrables, l'administration n'était pas au Nord du pays, les enfants n'allaient plus à l'école. Il y a un an, la Côte d'Ivoire était une destination soigneusement évitée par les touristes, les investisseurs et les milieux d'affaires, les ports ne recevaient presque plus de bateau, les marchés n'étaient pratiquement plus approvisionnés, les banques se relevaient difficilement du choc qu'elles avaient subies, les Ivoiriens eux-mêmes étaient encore sous le choc des bruits de fusil, etc. Voici la Côte d'Ivoire que nous avons trouvée quand le Président Alassane Ouattara a été investi et que le gouvernement a été installé, cela aussi, il ne faut pas que les Ivoiriens l'oublient. Allez vous-mêmes constater les avancées en un an, sur le terrain. Je vous invite à dresser un bilan de la situation vous-mêmes, en vous basant sur l'état dans lequel nous avons trouvé le pays, il y a un an, et l'état dans lequel il est aujourd'hui. A moins d'être aveuglé par l'hypocrisie et par une suspecte position volontairement négationniste, on ne peut que voir les avancées, je dirais spectaculaires, enregistrées en un an.

Mais Monsieur le Premier Ministre, nous comprenons que votre action s'inscrit dans la continuité, mais comment avez-vous passé vos 100 premiers jours à la Primature, êtes-vous un Premier ministre pressé ou un Premier ministre sous pression ?
Je ne suis ni un Premier ministre pressé, ni un Premier ministre sous pression. J'ai entendu quelqu'un ici aux Etats-Unis dire qu'à l'image du Président normal François Hollande, je serais un Premier Ministre normal, un autre a déclaré que je suis plutôt un Premier Ministre de la normalité. Je ne suis ni pressé ni sous pression, mais si vous voulez, je suis pressé de voir la Côte d'Ivoire réconciliée, de voir les responsables de l'opposition et les dirigeants de la majorité, se retrouver autour des questions qui relèvent de l'unité nationale et qui font avancer la démocratie. Je suis pressé de pouvoir entendre à nouveau les Ivoiriens chanter dans l'union des cours, vibrer au son de leurs voix enchantées qui montent vers un ciel protecteur, les vers profonds de notre bel hymne national : « Si nous avons dans La Paix ramené la Liberté, Notre devoir sera d'être un Modèle, De l'Espérance promise à l'Humanité, En forgeant, unie dans La Foi Nouvelle, La Patrie de la vraie Fraternité ». Oui, je suis pressé de revivre cela. Et je sais que les Ivoiriens sont pressés de retrouver la quiétude et la paix véritables. Ils sont pressés de voir leur pays être à nouveau respecté dans le concert des Nations, comme il est en train de l'être aujourd'hui grâce à l'aura internationale du Président Alassane Ouattara. Ils sont pressés de trouver des emplois, d'aller dans des écoles prestigieuses à Abidjan, à Yamoussoukro, à Daloa, etc., dont la renommé dépasserait les frontières de notre pays. Ils sont pressés de pouvoir se soigner à moindre frais dans des hôpitaux publics équipés, où travaillent des personnels de santé bien formés dans nos universités rénovées et crédibles. Et en même temps que nous sommes tous pressés d'atteindre ce but, nous devons y aller avec la méthode qui sied à cette ambition légitime. C'est à cela que nous nous attelons, c'est la mission que le Président de la République nous a confiée.

Excellence monsieur le Premier ministre, votre nomination a suscité beaucoup d'espoirs. Vous avez-vous-mêmes engagé dès votre prise de fonction des actions vigoureuses contre la vie chère, l'insécurité, le chômage particulièrement celui des jeunes. Aujourd'hui, les Ivoiriens ont le sentiment que les résultats tardent à se faire sentir. Que leur répondez-vous ?
Je vais vous surprendre, personnellement, j'ai aussi l'impression que les résultats tardent à se faire sentir. Mais c'est juste une impression et je comprends les Ivoiriens, étant donné que leurs attentes sont énormes. La réalité, elle est tout autre. La réalité est ceci. Prenons juste quelques exemples. Tenez, j'ai déjà évoqué la situation des ordures ménagères. Aujourd'hui, le programme de salubrité est financé, avec des résultats bien visibles, puisque vous ne voyez plus les ordures ménagères un peu partout dans les quartiers d'Abidjan, avec les risques de maladies auxquelles étaient exposées les braves populations. Le programme de réhabilitation des routes est mis en ouvre.

Au niveau des relations avec les partenaires au développement, la réalité ici aussi est différente de l'impression. Le Gouvernement a pleinement repris ses relations avec l'ensemble de ses partenaires au développement que sont le FMI, la Banque Mondiale et la Société financière internationale (SFI), la BAD, l'Agence française de développement ; l'AFREXIMBANK. Au niveau de l'hôtellerie l'impression de nous autres qui ne sommes pas du milieu est différente de la réalité que vivent les acteurs. Allez poser la question à tous ceux qui gèrent les hôtels à Grand-Bassam, à San Pedro, à Yamoussoukro, etc. et ils vous répondront qu'ils ont de meilleurs chiffres d'affaires.
De même, d'importantes réformes sont terminées ou sont très avancées dans les secteurs du café-cacao, de l'énergie, de l'environnement des affaires etc. Si Mme Christine Lagarde, directrice générale du FMI avec laquelle nous avons eu une importante séance de travail, nous a donné des assurances quant au point d'achèvement de l'initiative PPTE, c'est bien parce que les lignes dans l'application des principes de bonne gouvernance ont beaucoup bougé et que par ailleurs, la lutte pour le regain de dynamisme de notre Economie, est menée avec efficacité et clairvoyance.

N'avez-vous pas le sentiment que certains commerçants, dans le cadre de la lutte contre la vie chère, rusent avec le gouvernement ? Parce que quand les prix du riz baissent légèrement les prix d'autres denrées prennent l'ascenseur et montent en flèche. Tout se passe comme s'ils voulaient compenser les pertes en récupérant ce qu'ils ont perdu ailleurs.
Certains commerçants rusent avec le porte-monnaie des Ivoiriens, donc rusent avec l'Etat, en profitant du système libéral et de libre concurrence que nous avons adopté et que personne ne remet en cause. Cette situation est intolérable d'autant plus que le gouvernement a pris des mesures en vue de leur permettre justement de baisser le prix de vente de certains produits. Avec le ministère du Commerce, nous avons mis en place une stratégie qui est en train de porter petit à petit des fruits. Les habitudes ont la peau dure, mais je peux rassurer le consommateur ivoirien d'Abobo Kennedy, de Yopougon Koweit, de Gouméré, de Tafiré, de Tiapoum, de Hêrêmankono, de Zoukougbeu, de Tahibli, de Doropo, etc., que dans ce combat que nous avons engagé contre la vie chère, les commerçants véreux ne seront pas les gagnants. Nous seront victorieux avec le concours des Ivoiriens.
Nous avons associé à cette lutte, pour nous assurer que les mesures prises touchent le plus grand nombre de nos concitoyens partout en Côte d'Ivoire. C'est le sens de la rencontre que j'ai eu avec le corps préfectoral à Yamoussoukro afin qu'ils servent de relais de diffusion de l'information auprès de nos populations mais également des services de contrôles du Ministère du Commerce.

Le chef de l'Etat a annoncé 2012 comme l'année de l'espoir, des grands travaux et de la relance de l'espoir, des grands travaux et de la relance économique. Les Ivoiriennes ont noté effectivement l'ouverture de nombreux chantiers au début de l'année. Mais force est de constater que les choses stagnent. Qu'est-ce qui plombent les réalisations annoncées ?
Rien ne plombe les réalisations annoncées car les réalisations avancent. Je dirais même mieux, le Chef de l'Etat tient ses promesses. Prenons le seul exemple de l'ouest du pays. Le Président Ouattara avait pris un certain nombre d'engagements. A l'occasion de sa visite dont nous avons été le président du comité d'organisation, il y a eu des actions notables qui ont été menées. A titre d'exemple, tous les commissariats et brigades de gendarmerie ont été réhabilités et équipés en véhicules neufs, les chasseurs traditionnels, communément appelés Dozo ont été cantonnés, comme le voulait la population. Au plan social, , huit ambulances ont été offertes par le Programme Présidentiel d'Urgence et par la Première Dame, d'importants matériels et équipement médicaux ont été offerts aux établissements de santé des Districts des Montagnes, la réhabilitation et l'équipement des foyers des jeunes dans six villes du district des Montagnes, la réhabilitation et l'équipement des cases de rencontres de la chefferie (doléances de la chefferie locale), tous ces projets ont démarré et suivent leurs cours. Vous comprenez qu'on ne peut pas parler de travaux qui coincent. Le Gouvernement suit avec la plus grande attention l'état d'avancée de ce que vous autres journalistes avez baptisés « les grands travaux » de l'ère Ouattara. Mais cela ne va pas s'arrêter là. Aujourd'hui la Cote d'Ivoire est plus que jamais fréquentable, on pourrait même dire qu'elle dégage un parfum agréable, au propre comme au figuré. Le gouvernement américain va rouvrir la Chambre de commerce américaine en Côte d'Ivoire. L'Union européenne et les Etats-Unis viendront en Côte d'Ivoire dans la première quinzaine du mois de juillet pour qu'ensemble nous déterminions nos priorités. D'ores et déjà, nous, nous connaissons nos priorités : ce sont, entre autres, les routes. Si nous avions les routes comme cela existe ici aux Etats unis, nous pourrions facilement faire le commerce, nous gagnerions en temps. On pourrait facilement évacuer nos matières premières et nos produits vivriers, etc. Le 26 juin, nous aurons, sauf bouleversement inimaginable le point d'achèvement de l'initiative PPTE. Ce ne sera pas de l'argent à distribuer, ce ne sera pas pour que des Ministres achètent des Maybach ou pour que les dirigeants puissent flamber mais cela va servir à investir dans des infrastructures, dans le social, et le redémarrage de l'activité économique. Les institutions internationales qui sont satisfaites de notre gouvernance seront là pour nous surveiller afin que nous créions, comme le Président s'y est engagé, les conditions de la richesse pour tous et tirer un grand profit des 6500 milliards de FCFA de dettes qui seront effacées, selon des échéances bien établies. Les perspectives sont bonnes aujourd'hui, elles seront meilleures dans quelques petits mois.

Il y a aussi le front social qui bouge. Plusieurs syndicats sont sur le qui-vive et attendent des solutions concrètes à leurs problèmes là où vous parlez de trêve sociale. Y a-t-il un dialogue de sourd entre les acteurs sociaux et l'autorité ?
Il n'y a aucun dialogue de sourds entre nous et les partenaires sociaux. Pour ma part, je ne vois pas, comme vous dites, « plusieurs syndicats qui sont sur le qui-vive ». N'allez pas croire que les dirigeants des syndicats sont des gens irresponsables qui ne pensent qu'à conduire des grèves. Ce sont des Ivoiriens dignes qui luttent de façon responsable pour l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Ils vivent avec nous les mêmes difficultés et ont traversé avec nous, la grave crise que nous avons connue. Bientôt, vous verrez qu'à travers le Forum social que j'ai souhaité et qui je l'espère obtiendra l'adhésion de tous les partenaires sociaux, nous allons nous parler franchement, présenter clairement la situation, écouter attentivement les revendications et suggestions des uns et des autres, pour parvenir à un accord. De la discussion, jaillit le consensus, c'est connu. En tout cas, nous nous sommes de bonne volonté et je ne doute pas de la bonne volonté des partenaires sociaux qui comme nous, poursuivent le même objectif ; l'amélioration du cadre et des conditions de vie des Ivoiriens.

L'université ne fonctionne pas toujours et l'on fait le reproche à votre gouvernement d'avoir abandonné les jeunes et les étudiants.
Nous n'avons abandonné personne. Le ministre de l'Enseignement supérieur a longuement expliqué la situation et je pense qu'il n'est pas nécessaire de revenir là-dessus. Ne soyons pas naïfs, qui peut dire qu'il ignorait les conditions dans lesquelles se trouvaient nos universités ? Les concernés eux-mêmes à savoir les enseignants, la majorité des étudiants, le personnel administratif, tous, sont unanimes sur le fait qu'il faut une réforme en profondeur du système et cela passe entre autres, par la rénovation des anciens bâtiments et la construction de nouveaux.

Peut-on continuer de parler de réconciliation avec le Fpi qui persiste dans la voie du radicalisme et de la défiance vis-à-vis du pouvoir ? Pis avec Human Rights Watch, on sait désormais que ce sont les pro-Gbagbo qui se cachent derrière les attaques et tueries répétées à l'Ouest ?

Je l'ai dit lors de ma conférence de presse donnée ici, et je le répète : il est illusoire de croire qu'on peut déstabiliser le pouvoir du Président Ouattara. Il va falloir que ceux qui rêvent de le faire sortent non seulement de leurs illusions, mais des maquis où ils sont dans certains pays africains et viennent se rendre compte eux-mêmes dans les milieux diplomatiques internationaux que le Président Ouattara est précédé d'une solide réputation et que de ce fait, le monde entier s'engage dans son pays à ce qu'il n'y ait plus d'actions de déstabilisation d'envergure. Que ceux qui rêvent de schémas qui vont faire revivre le pire et le chaos aux Ivoiriens se ressaisissent. J'aimerais inviter les uns et les autres à suivre un exemple qu'on ne cite pas assez, mais qui est pourtant si proche de nous, c'est l'exemple du Président Henri Konan Bédié. Le 24 décembre 1999, le Président Bédié a été victime d'un coup d'Etat totalement injustifié et parfaitement injuste. Après ce coup d'Etat de 1999, des cadres du PDCI que nous étions, avions été poursuivis, traqués, d'autres emprisonnés, le Président et sa famille contraints à l'exil. Nous avons su garder raison. Le président Bédié est parti du pouvoir sans qu'il y ait eu des morts. Il a accepté le sacrifice de sa personne. En 2001, quand le président Gbagbo a demandé à organiser le Forum de la réconciliation nationale et a demandé que tout le monde y participe, le premier à avoir pris l'initiative de retourner au pays, sans aucune condition, sans aucun préalable, fut le Président Bédié. Nous étions avec lui. Que n'avions-nous pas entendu ? On nous disait qu'il serait tué s'il retournait au pays. Et le Président Bédié répondait sans cesse que si on le tue, ce serait pour la paix et pour son pays. Le Président Bédié a pensé à son pays, il n'a pas pensé que son retour au pays serait bénéfique au Président Gbagbo, qui attendait une participation de l'opposition d'alors au Forum pour pouvoir renouer avec certains partenaires au développement qui eux, faisaient du dialogue politique un préalable.

Maintiendrez-vous donc le dialogue avec le FPI ?
Je vais vous confier une chose et vous allez méditer là-dessus. Quand il y a eu la rébellion, c'est nous en tant qu'opposants qui disions au pouvoir d'alors, de discuter avec la rébellion. Aujourd'hui, nous sommes au pouvoir, nous avons renoué avec les partenaires au développement, il n'y a aucune pression extérieure qui nous enjoint de dialoguer avec l'opposition, mais convaincus que le dialogue politique est un instrument de renforcement de la démocratie, le Président Ouattara a tendu la main aux exilés afin qu'ils retournent au pays, nous-mêmes conduisons, avec la bénédiction du Président, le dialogue politique avec l'opposition. Ne trouvez-vous pas curieux qu'alors que c'était au FPI qui a quand même dirigé ce pays pendant une décennie, de demander, voire d'exiger le dialogue avec le pouvoir, ce soit nous qui leur demandions de venir prendre leur place ? Si certaines personnes ont d'autres agendas, le seul conseil que nous pouvons leur donner, c'est d'arrêter de rêver. Le monde entier a franchi un grand pas depuis le 11 avril 2011. Au Mali et en Guinée-Bissau, les pressions internationales ont fait échouer des tentatives de putsch, ce n'est pas en Côte d'Ivoire où la communauté internationale et les ivoiriens ont payé le prix fort pour le respect du verdict des urnes qu'un coup de force va prospérer. Pour notre part, nous sommes particulièrement fiers des dirigeants de l'opposition qui ont accepté sans conditions, de participer au dialogue politique, de retourner dans leur pays prendre leur place dans l'édification de la Nation. Quant au FPI, nous continuerons à discuter avec lui, car c'est notre rôle en rapport avec notre conception de la démocratie, de le faire. Nous poursuivrons les discussions avec ce parti le 13 juillet prochain, comme préalablement arrêté. Ce qui nous préoccupe, c'est la Côte d'Ivoire. Quand il s'agit de notre pays, il n'y a pas d'amour propre pour nous.

Source : Nouveau Réveil