Le président guinéen Alpha Condé a, dans une interview accordée à Jeune Afrique, affirmé que ses opposants ne peuvent pas gagner les élections. «Une cohabitation ne m'empêcherait pas de gouverner. Je sais aussi que mes opposants ne peuvent pas gagner. A part Cellou Dalein Diallo (candidat malheureux au second tour de la présidentielle de 2010), ils n'ont aucune base électorale, ils n'auront aucun député. Ils parlent, ils parlent... mais si on va aux élections, ils sont finis. Ce qu'ils veulent, c'est mettre la pagaille dans la rue », a déclaré le numéro un guinéen.
Poursuivant, il assure qu'il « n'a rien à perdre avec les élections ». Car, dit-il, « nous avons en Guinée, un régime présidentiel, pas un régime parlementaire. C'est moi qui nomme le gouvernement et celui-ci n'est pas responsable devant le Parlement ». Comme exemple, il cite le cas Yayi Boni, président du Bénin qui avait eu des soucis avec le Parlement mais a fini par se faire réélire.
Parlant de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et de son président-dont le départ est exigé par l'opposition dite radicale-, le président guinéen est catégorique : « C'est un faux problème. J'ai fait modifier l'article 162 du code électoral qui donnait des pouvoirs juridictionnels au président de la CENI. L'article 162 a donc été abrogé et aujourd'hui, le président de la CENI n'a plus de pouvoir » Et de conclure : « Mais si mes adversaires veulent boycotter les législatives, c'est leur problème ».
Caroline Sacko