L'Union Nationale des Techniciens de la Communication de Côte d'Ivoire (UNATECCI) portée sur les fonts baptismaux le samedi 5 juin 2010 à la Maison de la presse d'Abidjan (MPA) au Plateau, a organisé sa première Assemblée générale ordinaire, ce samedi 7 juillet 2012 à la même MPA au Plateau. Les techniciens sont venus nombreux participer à cette cérémonie.Lebanco.net a rencontré le président de cette Union, Félix N'guessan. Interview.
Alors, Président, vous venez d'organiser la première assemblée générale ordinaire de l'UNATECCI. Comment cela s'est passé?
Il faut d'abord remercier tous les Techniciens de la Communication qui se sont mobilisés autour de l'évènement. Personnellement je suis satisfait du déroulement de l'Assemblée Générale. J'ai vu des Techniciens très disciplinés et galvanisés qui ont démontré encore une fois qu'ils sont des hommes matures et sur qui on peut compter.
Les autorités et les patrons de presse regroupés au sein du GEPCI ont-ils répondu à vos invitations?
Il faut saluer le Fonds de soutien et de développement de la Presse (FSPD) qui ne ménage aucun effort à nous assister à chaque fois que nous les invitons à une manifestation. Je profite de l'occasion pour dire merci à Madame Bernise N'Guessan, Directeur exécutif du fonds qui prête une oreille très attentive à toutes nos doléances. Hier encore (ndrl samedi 07 juillet 2012), ils étaient là pour nous soutenir, le ministère de la Communication également n'est pas resté en marge de cette cérémonie. Malheureusement le Gepci et l'Unjci ont brillé par leur absence.
Avez-vous déjà rencontré les dirigeants du GEPCI ?
Dès la création de l'Unatecci, nous avons été reçus par le Fonds de Soutien et de Développement de la Presse, le Ministère de la Communication et enfin le Conseil National de la Presse. Et depuis ce jour, ils ont toujours répondu présents à toutes nos manifestations. Cependant le Gepci (le Groupement des Editeurs de Presse) qui regroupe presque l'ensemble de nos employeurs refuse toujours de nous recevoir, et je ne sais pas pourquoi. Nous leur avons adressé plusieurs courriers qui sont restés sans suite.
D'aucuns pensent que votre union pourrait devenir un syndicat. Qu'en dites-vous?
Bien que la loi nous donne l'autorisation de nous regrouper en syndicat, nous n'avons pas encore prévu de syndicat pour les Techniciens de la communication. Nous avons déjà au sein de la presse deux grands syndicats, le Synappci et le Saappci. Créer encore un autre syndicat, c'est affaiblir les deux autres déjà existants, qui, pour moi, sont déjà suffisants pour défendre les intérêts des travailleurs du secteur de la presse. Nous, en tant que techniciens, nous connaissons notre importance dans le processus de fabrication des journaux et de mis en onde des radios et télé. Aucun média ne peut exercer efficacement sans technicien. Donc si la création d'un syndicat s'impose à nous, on n'hésitera pas à le faire. Mais, notre souci n'est pas là. Ce n'est pas en refusant de nous recevoir qu'ils vont empêcher notre évolution qui, je le répète, n'est d'aller vers la création d'un syndicat.
Quelles sont les réelles motivations qui ont permis la mise en place de votre union?
Primo, les Techniciens de la Communication (UNATECCI) bien que reconnus par les différentes instances de régulation de la presse ainsi que le gouvernement ivoirien, n'avaient pas jusqu'ici d'espace d'expression. Il y avait un certain vide dans le secteur faisant même dudit secteur un appendice de la famille de la presse. Et pourtant vu le rôle majeur des techniciens de la communication, c'était une injustice qu'il fallait réparer.
Secundo, l`univers libéralisé de la communication audiovisuelle et de la presse écrite depuis les années 90 en Côte d'Ivoire a suscité un mouvement de jeunes diplômés vers les radios et les journaux, souvent sans aucune formation préalable en communication. Conscients de ce fait, nous nous sommes organisés en Union pour d'abord renforcer les liens d'amitié entre les Techniciens des différents secteurs de la communication (Presse écrite, presse audio-visuelle, agence de communication) ensuite instaurer le professionnalisme à travers des séminaires de formation. Voici donc comment est née l'UNATECCI.
Quelles sont vos relations avec les autres organisations du secteur des médias?
Nous avons de très bonnes relations. La preuve, c'est le président de l'Unjci qui nous a offert la sono pour l'animation de l'Assemblée Générale. Je profite de l'occasion pour lui dire merci.
Quel bilan pouvez-vous revendiquer après 2 ans d'existence?
En deux années d'existences, et sans moyen, nous avons pu organiser deux séminaires de formation, une journée récréative, et signer un partenariat qui a abouti à la création d'un site internet professionnel pour l'Union. Bientôt les Infographistes seront formés par le Fsdp. Les Opérateurs de saisie aussi seront reconvertis en administrateurs de site web grâce à notre partenaire 2Tehm Technologie. Déjà, je suis satisfais de ce bilan, mais beaucoup reste encore à faire.
Après cette première AGO, à quoi peuvent s'attendre les infographistes et autres techniciens des médias de CI?
Nous avons des acquis très solides. Je demande simplement aux Techniciens des médias de croire en l'Union. Car notre avenir dépend de ce que nous faisons de notre présent. Notre mobilisation et notre détermination vont changer la manière dont les autres nous regardent. Nous allons changer beaucoup de choses pour que le technicien de la communication puisse vivre décemment de son art.
Qui sont vos soutiens?
Nous sommes d'abord, nous-mêmes, notre soutien avec notre mobilisation autour de notre union. Nous comptons sur tous les techniciens du secteur pour que vive notre union. Je voudrais féliciter mes amis et frères qui, souvent, sont obligés de puiser dans leurs salaires ou revenus pour faire vivre notre Union. J'en profite pour demander à tous ceux qui n'ont pas encore adhéré à l'Unatecci de le faire. Il y va de l'avenir de nos différents métiers du secteur. Et puis, nous avons des partenaires de taille comme 2Tehm Technologie. Je profite de l'occasion pour dire merci à Mme KOUESSY Beya appelée affectueusement maman Unatecci. Nous avons aussi monsieur Sylvain Koko, DG de Empreinte Numérik et monsieur Doumbia Vakaba, DG de Esma qui n'ont pas hésité à nous assister et nous accompagner depuis la naissance de l'Union. L'occasion viendra où nous allons leur dire merci solennellement.
Quel message à l'endroit des futurs adhérents à votre union et aux patrons du GEPCI qui depuis votre création refusent de vous recevoir?
Je voudrais, avant de clore mes propos, lancer un appel aux uns et aux autres, à tous les techniciens de la communication. Nous avons besoin de toutes les intelligences, de toutes les énergies, de toutes les expertises pour faire avancer notre Union. Soyez au rendez-vous du professionnalisme, c'est aujourd'hui que demain se prépare et se décide. Alors rejoignez-nous pour que nous bâtissions ensemble une Union forte, solidaire, respectée et responsable.
A nos patrons du GEPCI, ils nous fuient et nous ne comprenons pas pourquoi. Je voudrais qu'ils nous comprennent. Et pour comprendre les motivations d'un employé, c'est de le recevoir, l'écouter avant d'agir pour ou contre ses agissements. Il faut qu'ils comprennent aussi que nous sommes assez matures et parmi nous, nombreux sont les techniciens qui ont les mêmes diplômes, les mêmes niveaux scolaires et universitaires, voire même plus que certains journalistes. Donc nous savons faire la différence entre un syndicat et une union de professionnels. C'est tout à leur avantage que cette union vive. Qu'ils nous reçoivent et ils comprendront. Sinon, on croirait que les patrons de presse refusent de promouvoir la qualité de leurs produits et partant de leurs entreprises.
Réalisée par Guy TRESSIA