Quel bonheur unique, que cette période sacrée, le souvenir d'ALLAH, sait nous réconfoter, je puis vous l'assurer, il faut en profiter.
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Prisons ivoiriennes,véritables passoires
Article publié le: 08 Juillet 2012 - Auteur: Dr Famahan SAMAKÉ. - Source: Lebanco.net
Ce dimanche 8 juillet, pour la énième fois cette année 2012, une autre évasion massive s'est produite à la MACA, plus grande prison du pays. C'est à croire que nos prisons sont désormais de véritables passoires. Les bandits de grands chemins n'ont plus à s'inquiéter pour une condamnation puisqu'ils sont assurés d'office de pouvoir prendre le large n'importe quel jour qui leur plairait.

Cela fait au moins 4 évasions massives en 6 mois seulement, dont deux à la seule MACA. La dernière fois, on s'était empressé de limoger le régisseur de cette prison, histoire de noyer le poisson. On a proprement sacrifié un boc-émissaire comme si l'incompétence d'un seul individu justifiait toute cette cascade d'évasions dans pratiquement toutes les prisons du pays. Les grosses têtes ne sont pas tombées, bien entendu, alors que nous savons tous que le problème est structurel. On vient tous de voir que malgré le limogeage du précédent régisseur de la MACA après le 4 mai, la série noire se poursuit avec son successeur. C'est la preuve que c'est tout le système sécuritaire du pays qui est à revoir et à réformer et le gouvernement semble se délecter de discours dans ce domaine au lieu de poser des actes qui rassurent. Pourtant, on avance le chiffre de 2 milliards de francs CFA gaspillés à rénover la MACA après la crise postélectorale, c'est-à-dire, gaspillés dans une opération cosmétique en lieu et place d'un renforcement des capacités de haute sécurité de cette prison.

Je connais bien de pays dans le monde où, confronté à cette situation inédite, le ministre de l'Intérieur serait débarqué sans autre forme de procès. Mais personne ne compte sur M. Ouattara pour démettre M. Bakayoko. La solution consisterait sans doute à scinder en deux le ministère de l'Intérieur : M. Bakayoko gérerait l'Aménagement du territoire et les renseignements généraux où il semble glaner des succès et un autre ministre s'occuperait de la Sécurité Intérieure. Ce dernier devrait gérer la police et l'ensemble des prisons avec plus de rigueur et de professionnalisme. Les bons candidats sont ce qui manque le moins : le commissaire Dja Blé Joseph est toujours d'attaque et prêt pour le service. La situation sécuritaire chaotique dont a hérité le gouvernement Ouattara et la prolifération des armes de guerre sont telles que sans doute un seul ministre, nonobstant sa compétence, ne saurait tout régler en urgence. Or il y a justement urgence quand des repris de justice prennent le large et s'irradient incognito dans nos villes et villages pour casser du citoyen honnête. Et cela s'ajoute aux miliciens et mercenaires libériens qui font des carnages dans l'ouest montagneux et forestier. Et il faut aussi y ajouter les velléités putschistes de la part des refondateurs exilés qui rêvent de rentrer au pays au bout de la baïonnette !

Mais dans un pays qui se respecte, on devrait pouvoir compter sur le ministre de l'Intérieur pour au moins garder en lieu sûr les criminels endurcis qui sont condamnés à une peine de réclusion ferme. C'est la moindre des choses et c'est proprement le B-A-BA de la sécurité.

Par ailleurs, notre justice doit être dotée de moyens financiers, humains et logistiques conséquents pour s'exercer avec plus de célérité. Il est inadmissible que dans un pays qui se proclame État de droit, l'on puisse croupir en prison pendant 5 à 10 ans en attente d'un procès pour avoir été suspecté d'un vol de poulet ou de chèvre ! Tous ceux qui sont en détention préventive ont le droit d'être jugés assez rapidement, dans les délais prescrits par la loi, pour être relâchés s'ils sont jugés non coupables, ou pour purger leur peine en cas de condamnation. Hélas, notre justice marche à pas d'éléphant et elle oublie tout bonnement de juger les prévenus parfois pendant plus de 10 ans. Si l'on jugeait tout le monde dans les délais prescrits par la loi, on éviterait sûrement le surpeuplement de nos prisons et l'on amoindrirait les risques d'évasions itératives. En l'état actuel des choses, on comprend aisément pourquoi les Américains n'ont aucune confiance ni dans notre justice, ni dans notre capacité à assurer la sécurité des personnes et des biens. Il faut donc nous remettre au travail ici et maintenant.

Dr Famahan SAMAKÉ.
Les réactions
 
Mouram  a écrit
09 Juillet 2012 11:13:03
MONSIEUR FAMAHAN SAMAKE,LES PRISONS NE SONT-ELLES PAS SOUS LA TUTELLE DU GARDE DES SCEAUX,MINISTRE DE LA JUSTICE???