Après une longue attente, le Frère musulman a été déclaré vainqueur face à l'ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmed Chafiq. La place Tahrir est en fête.
Le Frère musulman Mohamed Morsi est devenu dimanche 24 juin le nouveau président égyptien. Le premier depuis le Printemps arabe et la chute de Hosni Moubarak en 2011.
Mohamed Morsi a obtenu 13,230,131 de voix contre 12,347,380 à son rival Ahmad Chafiq, un ancien Premier ministre de Hosni Moubarak. Mohamed Morsi, un ingénieur de 60 ans, diplômé d'une université américaine devient ainsi le premier islamiste à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe.
Scènes de liesse place Tahrir
Ce résultat a été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où plusieurs milliers de ses partisans ont crié "Allah akbar" (Dieu est le plus grand), lancé des feux d'artifice, et scandé "A bas le pouvoir militaire".
Le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), l'instance qui dirige le pays depuis la chute de Hosni Moubarak, a adressé ses félicitations au nouveau président.
51% de participation
Selon la commission électorale, le taux de participation au second tour de cette présidentielle qui s'est tenue les 16 et 17 juin, s'est élevé à 51%. Le nombre de votants s'est élevé à 26,4 millions sur 50,9 millions d'inscrits.
La participation lors du premier tour, les 23 et 24 mai, de cette première élection présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, avait été de 46%.
A l'annonce des résultats, la déception était vive au sein du camp Chafiq, qui n'avait cessé de proclamer sa victoire sur la base de résultats provisoires au cours des derniers jours. Plusieurs de ses supportrices ont hurlé, d'autres étaient en pleurs alors que des hommes se sont pris la tête entre les mains. Le responsable de communication de la campagne de Ahmed Chafiq, Ahmad Baraka a même refusé de commenter cette défaite.
Une marge de manoeuvre limitée
Chef du Parti de la Justice et de la Liberté (PLJ), vitrine politique des Frères, Mohamed Morsi avait bénéficié lors de sa campagne du soutien de l'immense réseau militant des Frères, la plus importante et la mieux organisée des forces politiques du pays outre l'armée. Fort d'une légitimité populaire, le futur président disposera toutefois d'une marge de manoeuvre très réduite face au Conseil militaire aux commandes du pays.
L'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution mi-juin de l'Assemblée, contrôlée par les islamistes, suite à un jugement déclarant illégal le mode de scrutin. L'armée a promis de remettre avant le 30 juin le pouvoir exécutif au nouveau chef de l'Etat issu de l'élection présidentielle.