Seulement 2 armes,1 kalachnikov et 1 calibre 12 et une quinzaine de munitions ont été réceptionnées à Bangolo par l'équipe de la commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres (Comnat-Alpc). «Il faut que les dozo soient désarmés d'abord » ont estimé en préalable les jeunes de cette localité où des dizaines de morts ont été enregistrées du fait de coupeurs de route. Ces bandits que d'aucuns qualifiaient de miliciens avaient été mis en déroute par la brigade mixte de gendarmerie avant de reprendre du service une fois les ex-éléments des ex-Fafn, renvoyés à leur base de Man. Pour le chef du canton Zibiao, Patrice Gouhé, l'Etat ne connait pas encore le point sensible de ses ex-combattants. «Au delà des discours, les jeunes ne sont pas rassurés. C'est nous qui les connaissons et savons qui a des armes. Mais en nous évitant, c'est peine perdu» a-t-il dénoncé. Malgré les propos rassurants et de persuasion du Commissaire Principal Léon Djokouehi de la ComNat-ALPC et de l'officier DDR, Pierrot Mutombé Daie de l'ONUCI, la récolte d'armes à Bangolo a été maigre. Contrairement à l'étape de Danané où des milliers de munitions et armes ont été déposées les 15 et 16 juin derniers. Le jeudi 21 juin 2012 en effet, les populations de Bangolo n'ont pas exprimé un grand enthousiasme lors de la séance de dépôt volontaire d'armes organisée par l'Etat de Cote d'Ivoire et ses partenaires. Pour des personnes rencontrées, la méfiance entre autorités militaires et population est à la base de ce couac. Fofana Lassina, préfet du département et Doué Noguess, président des jeunes de Bangolo ainsi que le maire résident Kohou Georges ont rassuré la population. Ils ont soutenu qu'il n'y aura pas de représailles contre les déposants volontaires d'armes. Face à la réticence, le Commissaire Djokouehi a relativisé le couac: «C'est une étape de sensibilisation. Vous verrez qu'après quelques jours plusieurs personnes viendront se débarrasser de leurs armes, comme ce fut le cas à Guiglo, San-Pedro et ailleurs » s'est-il voulu rassurant. Au contraire des autres localités du District des Montagnes, la région du Guémon, soupçonnée d'être une arrière-base de mercenaires et miliciens pro-Gbagbo peine à suivre le rythme de la marche vers la paix. A preuve, le préalable des jeunes qui montre bien qu'ils ont des armes qu'ils refusent de déposer volontairement. La ComNat-ALPC déposera ses valises à Gagnoa les 25 et 26 juin prochains.
A.R.S