La question de la sécurité alimentaire sera débattue au sommet de Rio+20 au Brésil du 20 au 22 juin prochain.
Cinq millions de Camerounais sont sous la menace de la faim. Ce chiffre est avancé par Ousseynou Ndoye, coordonnateur régional de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao). Selon le représentant de la Fao, ces populations vulnérables vivent dans la partie septentrionale du pays, notamment les régions du Nord et de l'Extrême-Nord, menacées de famine.
Une situation, dit-il, qui est due à une mauvaise récolte l'année écoulée à cause de la sécheresse de plus en plus rude due à l'avancée du désert dans cette partie du pays. La situation ne serait pas aussi alarmante si ces «populations avaient pu stocker leur nourriture», affirme M. Ndoye, estimant que le défi primordial que le Cameroun a à relever aujourd'hui est la modernisation de l'agriculture, soit en la subventionnant, soit en promouvant l'utilisation des intrants agricoles pour permettre aux populations d'avoir accès à la terre et améliorer ainsi la sécurité alimentaire.
Cette question sera au menu de la Conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20) prévu du 20 au 22 juin prochain au Brésil.
En effet, la population mondiale aujourd'hui de 7 milliards d'habitants devrait passer à 9 milliards d'ici à 2050. Il faudrait donc satisfaire les besoins des populations (accès à l'eau potable, à l'éducation, à la santé, à un logement décent, etc.) Or, les besoins en ressources naturelles ne cessent d'augmenter, alors même que les réserves sont en diminution.
Ainsi, comment aider les populations à sortir de la pauvreté et à obtenir de bons emplois, tout en protégeant l'environnement? Voilà l'équation que doivent résoudre les participants à cette conférence qui devront déterminer comment réduire la pauvreté, promouvoir la justice sociale et assurer la protection de l'environnement sur une planète qui est de plus en plus peuplée. Pour les représentants des organismes de l'Onu (Oms, Fnuap, Unesco, Pnud, Onusida, Fao) présents à la séance d'information sur Rio+20 organisée hier par le système des Nations Unies à son centre d'information au quartier Tsinga à Yaoundé, protection de l'environnement va de pair avec la croissance économique.
Economie verte
«Il y a une interdépendance, car protection de l'environnement et économie verte vont de pair avec les autres Objectifs du millénaire pour le développement», affirme Alain Sibenaler, représentant du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap). L'économie verte serait une solution à la crise, second thème principal qui sera abordé à Rio+20.
Selon Dayina Mayenga, directrice du Bureau international du travail (Bit) pour l'Afrique centrale, la préservation des ressources naturelles est vitale pour l'économie verte, la réduction de la pauvreté et la création d'emplois. Surtout que «80% des populations vivent en zones rurales en Afrique, donc au cour de l'économie verte». Pour elle, ce volet est très important notamment pour l'Afrique centrale qui abrite le Bassin du Congo, deuxième massif forestier mondial «important pour la survie de la planète». Ainsi donc, il urge de trouver le juste équilibre entre une croissance économique robuste et les besoins d'une population en augmentation d'une part; et la nécessité de préserver les ressources les plus précieuses de la planète, d'autre part.
Rôle des gouvernements qui doivent à ce sujet mettre sur pied des stratégies et des politiques adéquates, et sensibiliser les populations à la sauvegarde de notre écosystème. A l'Afrique de défendre ses intérêts à ce sommet en parlant d'une seule et unique voix, lâche Mamadou Sakho, représentant de l'Onusida. La séance organisée hier avait pour but de sensibiliser les journalistes sur les enjeux de Rio+20, prévu ce mois, soit 20 ans après le premier sommet de la Terre en 2012. «Cette conférence est importante pour le devenir de notre planète. Nous voulons que le Cameroun soit partie prenante, et les journalistes doivent nous aider», a conclu Dr Fathy Ndiaye, représentante de l'Oms, et par ailleurs coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies.