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Paul Biya, demi-dieu du Cameroun?
Article publié le: 07 Mai 2012 - Auteur: Eric Essono Tsimi - Source: slate.afrique
L'acquittement, le 03 mai, de Jean-Marie Atangara, l'une des plus grosses prises de l'opération de lutte anti-corruption au Cameroun était attendue par les observateurs les plus attentifs. Le journal DIkalo l'avait même annoncé, dès le 20 avril. Seulement, cette décision qu'une partie de l'opinion présente comme étant aux ordres, ne signifie ni que le pouvoir a perdu la main, ni qu'il a lâché du lest.

Il ne s'agit rien moins que de signaux envoyés à l'opinion publique internationale, de petites carottes pour récompenser les détenus les plus disciplinés et leur rappeler qu'il n'y a qu'un seul dieu au Cameroun et tous, en deçà, sont ses serviteurs.

Les amis d'Atangana Mebara, ancien secrétaire général de la Présidence, en première ligne desquels le cardinal Christian Tumi (prix de l'intégrité 2011 de Transparency International, et ses conseils dont fait partie le brillant universitaire et avocat talentueux Claude Assira, sont, certes, les héros de cette conclusion partielle. Mais, Paul Biya semble avoir décidé de ne rendre compte à Dieu qu'une fois au ciel. Et par ailleurs, si donc la justice est corrompue, comme l'ont régulièrement établi des baromètres internationaux, le talent des soutiens de Jean-Marie Atangana Mebara ne suffit pas, à lui tout seul, à expliquer cet échec calculé du ministère public camerounais.

Illusions collectives

La décision de blanchir un des anciens pontes du régime, accusé de détournements de fonds publics s'appuie sur un certain nombre d'illusions. Des illusions qui tiennent de la surconsommation des idées distillées par une opposition faible et une presse insuffisante. En dehors du Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi, le principal parti d'opposition, aucun autre parti politique que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) n'est capable de réunir une masse critique respectable. Des illusions qui tiennent enfin de la qualité relative des médias. Si les journalistes au Cameroun sont souvent très informés, ils sont souvent mal informés, et de ce fait souvent incapables de proposer des grilles de lecture suffisamment intéressantes au public.

Tous les milliardaires créés par l'Etat-RDPC ont tendance à être perçus comme des «voleurs». N'ayant ni bénéficié d'un héritage familial, ni gagné la Champions League avec Samuel Eto'o, le doute est à peine entretenu sur leur présumée culpabilité. On ne leur pardonne pas, sauf quand il faut profiter de leurs largesses régulièrement retransmises sur la télévision publique, de s'être enrichis si vite dans un pays de plus en plus miséreux.

Pourtant, au Cameroun, la culture d'entreprise est à la sacralisation des chefs et des responsables. Tous les dirigeants et responsables bénéficient de toutes sortes d'avantages légaux, paralégaux, coutumiers, susceptibles d'expliquer les embourgeoisements les plus fulgurants. Tout «chef» reçoit régulièrement des cadeaux de ses subalternes, cela est mis sur le compte des traditions séculaires d'hospitalité et de vénération du supérieur.

Dans ce contexte, l'article 66 de la Constitution du 18 janvier 1996, dont l'opposition réclame à cor et à cri les textes d'application, ne règlera rien, si ne l'accompagne pas un arsenal de mesures visant à assainir les mours. On multiplie des mécanismes, mais les mentalités demeurent. Comme si les lois et les instruments juridiques garantiraient par leur fait même la restauration de la morale publique.

La démocratie de condescendance

Il est un fait. Le président camerounais fait et défait les hommes. La démocratie, selon lui, n'est possible que de cette manière. Il donne et reprend. Le grand ménage qu'il fait (il faut bien déblayer pour reconstruire), c'est à son successeur que cela profitera, encore faudra-t-il que soient levées les hypothèques (suspicion, désirs de règlements de compte, etc.) qui grèvent le système tout entier, pourri jusqu'à la moelle.

Ceux qui entourent monsieur Biya, ceux dont la profession est d'être intelligent, ne comprennent rien au personnage. Marafa Hamidou Yaya, par exemple, ancien secrétaire général de la présidence et donc, ancien faiseur de roitelets, est écroué à la prison centrale de Yaoundé, depuis le 16 avril 2012, pour détournement de fonds dans le cadre de l'affaire Albatros (renouvellement manqué de l'avion présidentiel).

Contrairement à tous ceux qui l'ont précédé dans cette prison, pour cette même affaire Albatros, il a décidé d'attaquer frontalement le président Biya, en le présentant à ses compatriotes comme retors et lâche, dans une lettre ouverte où le vice le dispute à son arrogance petite-bourgeoise, au point pour le président perpétuel du Cameroun de n'attaquer jamais que de biais.

En un mot, l'ex-ministre Atangana Mebara, en se faisant acquitter, a gagné le droit de faire encore parler de lui. Il n'est pas sûr, en revanche, que cela change fondamentalement son quotidien ni son avenir. Avec Titus Edzoa, autre ancien faiseur de roitelets près de Biya, qui croupit toujours en prison, on a vu que le rouleau compresseur peut se révéler implacable.

De ce point de vue, cet acquittement permet surtout de faire oublier le relatif malaise suscité par la lettre ouverte de Marafa. Il ne signifie rien, tant qu'il est sous les verrous, tant que n'est pas lavé son honneur. Et ça n'est pas demain la veille que cela se fera. Sauf, bien sûr, ultime décret de sa «majesté» Biya, dont les voies, au Cameroun, sont insondables.

Eric Essono Tsimi
Les réactions
 
Steel  a écrit
12 Juin 2012 03:34:41
Le veritable probleme est que BIYA passe tout son temps a sodomiser ses collaborateurs et cette sodomie les empeches de lui dire la veritee en Face, c'est la raison pour laquelle il est un demi Dieu, BIYA fait croire autre qu'il est ALPHA et OMEGA. Il compte sur ses pratiques esoteriques pour etre eternel. Deja qu'il avait sodomise une chienne vierge dans les annees 1990 pour la conservation de son pouvoir et il est pres a voir le sang Humain de toute la nation Camerounaise pour s'eterniser au pouvoir, Voila comme nos chefs d'etat Africains font pour rester au pouvoir a vie. Il oublie que la mort existe.
 
Moralisateur De Gondouana  a écrit
16 Mai 2012 10:01:00
calixe cherche pine puis argent alors que biya est le vieux pere de fè man en plus il ne bande plus donc le cameroun n;interesse pas cette vielle toutou a la recherche du gaint facile elle veux reussire a la sueur des ses vielles fesses tous ses autres soit disant intelo sont des mediants vivantdes alocations en france calixe va donner un petit one a gbagbo
 
Akissi D  a écrit
15 Mai 2012 09:52:44
Les intellos camerounais tels qu'Onana ou Calixte Beyala qui pleurent Gbagbo et Kadhafi tout le temps et passent leur temps à insulter ADO et les ivoiriens, devraient plutôt se consacrer à l'éducation civique de leurs populations et aux autres problèmes graves du Cameroun. Calixte Beyala étant du même groupe régional que Biya, il n'est peut-être pas surprenant de ne jamais l'entendre critiquer et condamner ce qui se passe (de mauvais) au Cameroun. Le tribalisme étant une autre plaie du Cameroun que Biya entretient avec beaucoup de machiavélisme. En effet, les divisions ethniques et les querelles intestines entre camerounais font qu'il n'y a jamais eu de front uni de l'opposition camerounaise capable de défier Biya. Bref, voila autant de problèmes qui devraient préoccuper et mobiliser les intellectuels camerounais ou « franco-camerounais » comme eux-mêmes se définissent tous. On dirait que c'est une fierté pour tous les intellectuels camerounais qui pensent craner ainsi de se declarer franco-camerounais... On dirait que leur Cameroun natal n'intéresse pas du tout les intellos panafricanistes camerounais, eux qui aiment plus la France, la Libye et la Cote d'Ivoire.
Parmi eux, il y a même le cas singulier de ce Gaston Kelman, camerounais né à Douala en 1953 et arrivé en France seulement en 1982, qui se revendique Bourguignon (de souche). Gaston Kelman a même écrit un livre dans lequel il revendique haut et fort son droit de renier le Cameroun et l'Afrique pour n'être qu'un bourguignon fier de sa nouvelle terre d'adoption, la Bourgogne. Son livre s'intitule « Je suis noir et je n'aime pas le manioc ». Bref, si le ridicule tuait, beaucoup de ces intellos Camerounais seraient déjà tous morts (de ridicule) bien-sur !
 
Fromager  a écrit
10 Mai 2012 03:03:13
Au lieu de s'occuper des élections dans pays des autres, la prostituée de luxe Calixte beyala et les autres pseudo-intellectuels du genre onana, feraient mieux de penser à leur pays et leurs concitoyens.
 
Akobla  a écrit
08 Mai 2012 09:54:31
Béyala à dit qu'elle se battrait pour que plus jamais la Françafrique, qu'elle commence par son Cameroun natal alors !
 
Kolombari  a écrit
08 Mai 2012 05:36:17
BEYALA, ONANA et consorts....où etes vous ? Vous si prompt à vouloir balayer devant la porte des autres.Debats enflammés sur vos chaines télés,conférences , éditorial......pour critiquer les autres.Toujours silence - radio quand cela vous concerne directement.On ne peut faire le bonheur de quelqu'un à sa place.
 
Akakrou  a écrit
07 Mai 2012 05:53:31
Ce ne sont pas des sujets qui manquent pour meubler les emissions de ces sales radios et télés camerounaises.il n'ya pas plus sourd et plus aveugle que celui qui ne veut ni entendre ni voir.Ils se baissent pour regarder dans l'... des autres alors le leur est béant.On serait heureux de suivre des débats animés par leurs foultitudes d'experts ou chercheurs ou encore spécialistes de je ne sais quoi pour dénoncer ce qui se passe sous leur nez.N'attendez pas le départ de Biya pour venir nous raconter des bobards c'est le moment si vous êtes vraiment garçon comme vous le faite avec les dirigeants de la Côte d'Ivoire.