L'habileté que l'on exerce dans l'amour ne vient pas de la ruse, elle vient de la disposition qu'on a d'aimer.(Claire Martin)
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Côte d'Ivoire: Quid de l'héritage politique de Gbagbo?
Article publié le: 13 Avril 2012 - Auteur: Abdel Pitroipa - Source: slate.afrique
A l'heure du premier anniversaire de la déchéance du président ivoirien, qu'advient-il de sa famille politique privée de son chef? A coup de chroniques, tribunes et éditoriaux, la presse ivoiro-burkinabè y va de son commentaire.

Un an après la chute Laurent Gbagbo, ses partisans regardent encore en direction de leur leader désormais empêché de toute activité politique en raison de sa mise en examen à la Cour Pénale Internationale (CPI). Des partisans qui bien souvent comme lui ont déserté l'espace politique ivoirien jubile le quotidien abidjanais L'Inter:

«En effet, depuis la chute de Gbagbo, bien des faits et signes qui évoquent son régime ont été progressivement gommés(.) Et avec eux tous les orateurs et habitués de ces espaces. Ont également disparu, les animateurs zélés de la bouillante Fesci, ce syndicat estudiantin qui s'était rendu coupable de bien des méfaits sous Laurent Gbagbo. Un an après la chute de leur mentor, ils se font discrets au point de donner l`impression de faire le mort(.) Autre changement notable, la disparition du paysage politique des figures emblématiques des farouches partisans de Gbagbo, connus sous l`appellation de jeunes patriotes. Depuis un an, on ne voit plus ni n`entend (.) ces visages qui ont rythmé la vie politique sous Gbagbo, sont comme passés derrière le rideau depuis ce 11 avril 2011.»

Une famille politique affaiblie

Et pour cause, celui qui a présidé durant la première décennie 2010 aux destinées de la Côte d'Ivoire après une accession au pouvoir dans des conditions qu'il juge lui-même «calamiteuses » était l'âme du Front Populaire ivoirien (FPI). Lui absent, le parti qu'il a fondé dans la clandestinité en 1982 en vue de défier le pouvoir du président Félix Houphouët Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993), est vidé de son contenu idéologique, ou du moins, se trouve à présent bien en peine de le renouveler. C'est l'analyse que fait le journaliste et écrivain ivoirien Venance Konan, patron du quotidien gouvernemental Fraternité Matin, dans un éditorial intitulé «Le FPI est en prison»:

«Ce que les Ivoiriens ignorent, écrit-il, c'est que le FPI a été taillé à la dimension de Laurent Gbagbo. Simone Gbagbo et un certain nombre d'autres cadres étaient les idéologues, mais tout son esprit, son âme, c'était Laurent Gbagbo. Et ce parti a fonctionné exactement comme Laurent Gbagbo. Quand vous regardez comment le FPI s'est comporté sur la scène nationale, aussi bien dans l'opposition que dans l'exercice du pouvoir, c'est exactement Gbagbo. Ses ruses, ses outrances, sa roublardise, sa violence, son inexpérience dans la gestion de la chose publique, ses fanfaronnades, son habileté politique, c'est exactement Laurent Gbagbo. Alors, Gbagbo en prison, c'est le FPI qui est en prison. Tant qu'il y sera, ce parti cessera d'exister sur la scène nationale. L'esprit de tous les militants de ce parti est parti aussi à La Haye, et s'est enfermé dans la même cellule que Gbagbo.»

Illustration de cet affaiblissement politique, le boycott des élections législatives d'un parti sorti de la clandestinité au début des années 90 pour devenir au début des années 2000. Une stratégie qui pourrait s'avérer plus préjudiciable que payante selon les commentateurs. Dans un éditorial au vitriol pour l'ancien président ivoirien, le quotidien burkinabè Le Pays avertit que cette tactique aura pour résultat de mener l'ancien parti au pouvoir à l'isolement politique:

«Les partis de gauche, notamment le FPI, doivent éviter de sombrer dans la léthargie. Celui-ci doit se donner les forces nécessaires de survivre à son ancien président(.) A force de bouder les urnes, le parti de Laurent Gbagbo s'expose à l'inertie politique qui peut engendrer de fâcheux phénomènes comme l'éclatement ou la mutation régressive. Ce n'est pas en restant à l'écart des sphères de décision par une auto-marginalisation inféconde que les dignitaires du FPI pourront libérer leur mentor de la CPI ou lui préparer un retour triomphal au cas où il en sortirait. Le camp d'en face ne perdra pas le temps à attendre qu'ils finissent de pleurnicher et fassent indéfiniment le deuil de leur gourou pour occuper le terrain.»

Les héritiers entre deuil et résistance

Ceci dit, les disciples de Gbagbo ne sont pas inactifs, loin de là. En l'absence de leur père spirituel, ces nostalgiques appellent de leur voux un retour improbable du président déchu et s'organisent dans une attitude de résistance. C'est ce que révèle L'Intelligent d'Abidjan qui a couvert une manifestation partisane se tenant à l'occasion de l'an 1 de l'après Gbagbo:

«C'est la bâtisse ayant servi de QG de campagne à Laurent Gbagbo en 2010 qui a accueilli la cérémonie de commémoration du 11 avril du côté du FPI. Les cadres et militants du parti pour la plupart vêtus de noir ont suivi de bout en bout les activités concoctées à cet effet. Musique et danse dans le recueillement, mais surtout une conférence débat précédée de cinq minutes de silence.»

Et le titre abidjanais d'ajouter que les partisans de Gbagbo envisagent «avec optimisme le réarmement moral en vue de la lutte», selon les mots de l'ancien ministre Sébastien Dano Djédjé président du comité d'organisation dans son discours d'ouverture.

Pour les thuriféraires du Woody (autre surnom de Laurent Gbagbo), la date du 11 avril est un jour funeste à marquer du sceau de la malédiction en Côte d'Ivoire. Ancien ministre du budget sous Gbagbo, Koné Katinan Justin, qui s'en proclame porte-parole, va jusqu'à déclarer dans une tribune publiée par le quotidien Notre Voie que «Le 11 avril marque un recul de notre humanité!»

Dans une tribune aux accents lyriques adressée à La Dépêche d'Abidjan, le blogueur Joseph Marat aspire à ce que le jour se lève après cette longue nuit:

«Depuis ce jour, la ligne de front qui divisait le pays en deux s'est transposé dans les cours. Les Ivoiriens sont divisés et ils se parlent désormais à demi-mot. Craignant pour les uns d'être traités d'envahisseurs barbares à la solde de forces néocoloniales et cachant pour les autres l'espérance d'une résurrection suite à l'intervention d'une justice divine qui viendra rafistoler le tissu de notre société mis en lambeau par les forces du rattrapage ethnique.?A l'occasion du retour de cette date que beaucoup auraient gommé de leur agenda s'il leur était donné le pouvoir d'agir sur le temps, nous avons décidé de nous recueillir (.) En face ils ont décidé de célébrer à leur manière cette date du 11 avril. Comment le feraient-ils sans faire droit à l'imposture? En réalité qu'est-ce qu'ils célébreraient le jour commémoratif de la ruine de l'Etat de Côte d'Ivoire? Vont-ils organiser un défilé des chars français et onusiens sur la place de la République pour saluer la ?capture? d'un président de la République et la perte de notre dignité de peuple souverain? Ce jour-là n'est pas celui de la victoire de Dramane Ouattara (.) Alors allez comprendre ce qui peut bien se passer dans la tête des personnes qui célèbrent le jour de la honte en dansant sur les ruines de leur patrie. Pour notre part, nous avons décidé de nous recueillir en attendant l'aurore. Parce que pour le peuple de Côte d'Ivoire la nuit est tombée sur son histoire le jour de l'arrestation du président Laurent Gbagbo.»

Abdel Pitroipa
Les réactions
 
Forestier De Lahou  a écrit
13 Avril 2012 08:17:52
C'est quoi, l'héritage politique de Gbagbo ? Rien du tout. Il n'y a que des dettes !
Agoras, parlements, argent facile, détournements, broutage, confusion entre la caisse de l'état et le porte-monnaie personnel, mensonge, illusions et prophètes de carnaval: voilà l'héritage. Avec en prime un pays complètement détruit à reconstruire et une absence totale de valeurs morales aussi bien dans la vie sociale que dans la vie privée. Une génération sacrifiée sur l'autel des ambitions et intérêts personnels. Gbagbo a tout détruit à son profit. Il n'a rien laissé en héritage, même pas un parti puisque le FPI est incapable de survivre et de participer à la vie du pays en l'absence du gourou vénéré. C'est lui faire beaucoup trop d'honneur que gaspiller autant d'encre, de papier et de salive pour quelqu'un qui ne le mérite pas et qui s'est définitivement déshonoré.
 
Akobla  a écrit
13 Avril 2012 06:22:38
L'ex président Gbagbo pouvait s'épargner et nous épargner sa chute ! Il a voulu s'entêter et à compter sur ces chimères que des profiteurs zélés lui faisaient avaler facilement car il était IMBU et ORGUEILLEUX à souhait au point de pouvoir croire qu'il était touché par un pouvoir divin ! Gbagbo la divinité des Libres Menteurs Péteux. Il suffisait qu'il fasse valoir sa parole d'engagement auprès du peuple ivoirien tel qu'il l'avait promis. Et il a dit qu'il partirait s'il perdait l'élection sinon quel héritage laisserait il à nos enfants ?? En lieu et place il est resté et pire il a FAIT SOUFFRIR toute un pays, ses ressortissants pères, mères et enfants. Nos voisins ayant élu domicile chez nous ont eux aussi payer un prix fort pour n'être que d'ailleurs ! Il suffisait qu'il RECONNAISSE SA DEFAITE (Wade l'a fait et il n'y a rien eu au Sénégal)! C'est tout, un geste simple à sa portée et une phrase simple à dire à son challenger qui l'avait emporté devant lui proprement, c'est tout. Rien d'autre. Gbagbo aurait fait ça il se PAVANERAIT au nez et à la barbe de tous ici en CIV et PERSONNE ne le décrierait et en plus cerise sur le gâteau il aurait fait de l'ombre à Monsieur Ouattara ça c'est sûr rien que par sa présence démocratique mais non, la grandeur il ne l'a pas eu alors qu'il s'en prenne qu'à lui même ou à ses BONIMENTEURS de petits copains qui l'on BOURRé tous les jours jusqu'au 11 AVRIL 2011 !

@supporteurs de Gbagbo, ne venez pas travestir tout le temps la vérité, que vous aimiez Gbagbo c'est compréhensible pour votre tournure d'esprit car cette dernière est la vôtre et vos choix idéologiques n'engagent que vous, mais respecter LE VOTE DANS LES URNES de vos compatriotes qui n'ont pas fait le même choix que vous et ce à 54%. IL A PERDU que cela vous plaise ou pas et c'est ainsi, après que Yao Paul N'Dré ait joué à Zorro et Merlin l'enchanteur à la fois pour lui faire ce petit tour de magie et de passe passe (entre petits copains mal conseillés et mal avisés) afin qu'il s'habille de nouveau en président CELA S'APPELLE VOLER les voix du peuple souverain de Côte d'Ivoire ! Gbagbo a perdu ./. Le reste c'est MENSONGES...

Je n'ai rien fêté pour ma part, j'ai seulement pensé à TOUTES LES VICTIMES DE SON ACHARNEMENT A RESTER AU POUVOIR. Ce sont les morts qui nous manquent qui sont à plaindre et ce sont les familles de victimes innocentes qui devraient RETENIR toutes nos attentions. Quelque soit le camps NOUS SOMMES TOUS PERDANTS dans ce fiasco. Qu'est ce qu'il y aurait donc à fêter dans toute cette misère ?!

C'est tous les ivoiriens qui ont perdu un être cher, un ami ou une connaissance, c'est tous les ivoiriens qui ont perdu un toit, un bien ou qui sont touché de prêt par quelqu'un qui a tout perdu ! Combien de malheureux ? Comien de femmes ayant perdu leur dignité parce que violées, combien d'entres elles ont contracté en plus la mort différée par contamination du virus HIV ? Combien d'orphelins , d'estropiés à vie, de déboussolés partout ? C'est nous qui sommes valides, qui avons encore un peu de force de penser à EUX ces très grands malheureux. Mais je ne pense pas à Gbagbo ou ce qu'il a perdu, ni à Ouattara et ce qu'il aurait gagné. Pour moi les deux ont lourd sur la conscience, mais au moins des deux il y en a 1 qui veut aller de l'avant et appelle à la PAIX et l'autre continue de nous EMMERDER via ses satellites d'illuminés en crise permanente depuis la chute de leur gourou fantasmagorique. Moi je choisis la PAIX donc le président Ouattara et ce TANT QU'IL SE COMPORTERA EN HOMME DE PAI