Aucune route n'est longue à côté d'un ami.( Proverbe japonais)
|
login
|
Email alertes
|
|
publicite
|
rss
RDC - Katumba Mwanke, "héros" sans messe?
Article publié le: 27 Février 2012 - Auteur: direct.cd - Source: direct.cd
L'affaire. Tué lors d'un crash d'avion le dimanche 12 février dernier, le député Augistin Katumba Mwanke, proche conseiller du président Kabila, s'est vu refusé une messe en sa mémoire par « l'église catholique ». Au regard du « conflit » post-électoral actuel entre l'Eglise, dirigée par le Cardinal Mosengwo Pesinya, et la Majorité au pouvoir, dont M. Katumba en était l'éminence grise, l'église a-t-elle « boudée » le pouvoir ?

L'hécatombe. Un petit jet privé s'est écrasé sur l'aéroport de Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo, le dimanche 12 février 2012. A bord de l'appareil se trouvaient huit passagers dont plusieurs membres du gouvernement. L'éminence grise de Joseph Kabila, Augustin Katumba Mwanke, surnommé « l'autorité morale », en sera la principale victime, avec deux membres d'équipage américain.

A la présidence de préciser que le conseiller de Kabila et le pilote avaient « été tués sur le coup » vers 14 heures locales (12 heures GMT) lors de l'atterrissage manqué de leur bi-réacteur Gulfstream 200 venant de Kinshasa via Goma. Celui-ci s'est posé « au milieu de la piste et est allé terminer sa course dans un ravin après la piste. L'avion est endommagé », a expliqué un responsable de l'aéroport.

L'homme. Surnommé « Dieu le père » par l'opposition congolais, Augustin Katumba Mwanke, 48 ans, était le « Mazarin » de Kabila. Considéré comme le leader du « clan des Katangais » au sein du pouvoir congolais, le député de Pweto - « triomphalement » réélu lors des récentes élections législatives - n'avait aucune fonction officielle au cabinet du président, mais prodiguait au « raïs » ses conseils, en particulier dans le domaine économique. Les noms pour les postes clés, c'est lui qui les fournissait au chef de l'État. Les liens étroits du régime avec les opérateurs du secteur minier, c'est ce bosseur qui les a tissés, dans la plus grande discrétion. Les contrats passés avec la Chine, l'Afrique du Sud ou le Brésil, c'est lui qui en fut l'une des âmes, d'où des rumeurs sur des contrats opaques et des commissions occultes dont il aurait été l'un des grands bénéficiaires.

Par cette description, l'on comprendra qu'il soit impliqué de très près dans la situation post-électorale actuelle que conteste l'opposition, l'Eglise Catholique en tête.

Le différent. L'Eglise Catholique justement, amenée par le Cardinal Mosengwo Pesinya, elle conteste les résultats des élections présidentielle et législatives du 28 novembre dernier, lesquelles, selon la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et la Cour Suprême de Justice(CJS), ont donné victoire à Joseph Kabila pour la présidentielle et à sa plate-forme (Majorité Présientielle) pour la législative ; parlant de fraudes massives, bourrage d'urnes et allant jusqu'à affirmer prévoir une marche (le 16 février 2012) pour réclamer « la vérités des urnes ».

C'est dans cette situation de conflit que la disparition du bras droit de Kabila interviendra.

La protestation. Dans une correspondance datée du 20 février et adressée au cardinal Laurent Monsengwo, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, en sa qualité de président de l'Interfédéral PPRD, a tenu à exprimer ses vives protestations contre la décision de l'Épiscopat catholique interdisant la célébration d'une messe de suffrage en mémoire d'Augustin Katumba, décédé le 12 février des suites du crash survenu à l'aéroport de Kavumu, à Bukavu.

Alors qu'ils se seraient conformés aux usages en vue de l'obtention des autorisations nécessaires, les organisateurs furent surpris d'apprendre de la part de l'abbé recteur, à quelques heures de la cérémonie, qu'ils étaient dans l'impossibilité de célébrer ce culte religieux. « Cette prise de position a suscité un émoi considérable et une grande frustration parmi les organisateurs et les invités à ladite cérémonie dont la plupart sont, du reste, des fidèles catholiques », peut-on lire dans cette lettre. Et son auteur de poursuivre : « Restant à votre disposition pour connaître les raisons éventuelles ayant justifié le traitement réservé à notre parti, nous demeurons convaincus que l'Église catholique est notre havre commun et qu'à ce titre, elle jouera toujours son rôle de rassemblement du peuple de Dieu ».

Le démenti. L'Archevêché de Kinshasa, à son tour, dément l'information selon laquelle le cardinal Laurent Monsengwo aurait refusé au PPRD de célébrer l'office religieux en mémoire de l'illustre disparu.

À en croire la chancellerie de l'Archidiocèse, le cardinal Laurent Monsengwo n'a jamais été contacté par le gouverneur de la ville de Kinshasa pour une messe à la Cathédrale à la date du 16 février. Elle précise, par ailleurs, que compatissant avec la famille éprouvée, l'archevêque de Kinshasa avait transmis ses condoléances priantes à la veuve de l'illustre disparu.

BLC / Direct.cd