C'est en revêtant le Christ que l'on peut le plus apporter de charité aux autres(Mère Teresa)
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Gestion des ordures ménagères / Attaques contre Anne Ouloto et Satarem-Greensol
Les vérités que l'on veut cacher aux Ivoiriens ; à qui profite le crime ?
Article publié le: 03 Février 2012 - Auteur: L'Intelligent d'Abidjan - Source: L'Intelligent d'Abidjan
L'IA s'intéresse au dossier de la collecte des ordures dans le district d'Abidjan. Pas pour défendre une chapelle, mais pour prendre part à ce débat qui suscite tant de convoitises, et faire aussi des révélations sur certains actes et agissements qui ont besoin d'être sus et connus de tous.

L'état des lieux
La gestion des ordures ménagères à Abidjan intéresse les Ivoiriens. Dans la capitale économique, les immondices ont été l'une des conséquences du conflit politique et de la bataille d'Abidjan. Pendant des jours, à cause de la crise postélectorale, les ordures ménagères ont été entassées dans les quartiers et sur les routes. L'un des premiers gestes et actes forts du gouvernement
Ouattara dans le cadre du programme d'urgence, a été de débarrasser la ville d'Abidjan des ordures ménagères et autres saletés et déchets. Avant même la crise postélectorale, l'entassement des ordures ménagères avait été perçu comme un signe de la déliquescence de la société ivoirienne par des observateurs dont Laurent Gbagbo lui-même, et l'écrivain-essayiste Tiburce Koffi, qui dans une tribune parue dans la presse, avait accusé le pouvoir Laurent
Gbagbo, d'en être le responsable.

Gbagbo, Mel, Banzio et Ouloto
Par la suite, l'ex-président tentera de prendre le problème à bras le corps en créant un ministère dédié spécialement au traitement de la salubrité urbaine. Après Mel Eg Théodore et la transition assurée pendant la crise postélectorale par Dagobert Banzio depuis le golf l'hôtel, Anne Ouloto
héritera du ministère. Elle se fera remarquer par ses actions musclées avec des bulldozers. Malgré les critiques de certaines victimes et les réserves émises à certains moments sur la forme, son action a été salutaire.

La solution pour les ordures dans le district d'Abidjan
Dame de fer ou la ''bulldozer''. C'est ainsi que les Ivoiriens ont surnommé Anne Désiré Ouloto, ministre de la Salubrité urbaine.
Qui a décidé de mettre de l'ordre dans le district d'Abidjan. Mais très tôt, elle n'échappera pas aux attaques de tous genres, de la part de certains Ivoiriens qui ont horreur du changement. Elle est accusée de tout détruire sur son passage à Abidjan. Certains n'ont pas hésité à la taxer de ''femme sans coeur''. Comme si ''dire à des Ivoiriens qui inondent les terrains de baraques,
de partir, c'est trop demander''. Et pourtant, cela y va de leurs propres intérêts. L'opposition en avait même fait son chou gras, dans de nombreuses déclarations.
Mais Anne Ouloto avait une idée claire derrière la tête.
Celle de rendre Abidjan propre, conformément à la vision du chef de l'Etat, Alassane Ouattara, visant à inscrire la gestion des ordures ménagères dans ses priorités. Cela a amené la ministre à définir une politique claire de la gestion des ordures, à travers le lancement d'une opération d'appel d'offres. Parce que, derrière les ordures, la ministre entend créer un pôle de développement et de création d'entreprises. La devise est simple: «Rien ne doit se perdre, tout se transforme. Des déchets ménagers vont ainsi créer de la richesse et des emplois ». Pour réussir ce pari et rendre la Côte d'Ivoire propre et saine, elle a défini le cadre pratique de son action en procédant préalablement à la validation du Plan National de Salubrité Urbaine (PNSU), véritable boussole de son action.
L'appel d'offres était le moyen idéal et transparent pour désigner l'opérateur économique capable de tenir ce pari. Mais à peine l'opération d'appel d'offres lancée, les langues ont commencé à se délier. Des opérateurs nationaux avaient commencé à dénoncer l'opération d'appel d'offres, étant donné que pour soumissionner, il fallait déposer une caution de 2 milliards de FCFA. L'IA,
dans sa parution N°2393 du Samedi 19 au Dimanche 20 Novembre 2011, annonçait déjà les couleurs, en rapportant que: «Si certains opérateurs économiques se bousculent aux portes de l'ANASUR, d'autres par contre, s'interrogent sur l'opportunité de cet appel d'offres». Et
pourtant, la Direction des marchés publics qui a travaillé sur le volet réglementaire ne trouve aucun inconvénient dans cette opération. Pour cette structure, c'est une démarche qui obéit au principe de la transparence. Où chacun est libre de participer à l'appel d'offres. Ce que ne veulent pas entendre certains opérateurs économiques qui indiquent travailler déjà dans les ordures, estimant pour cette raison qu'il n'est pas question de faire appel à de nouvelles sociétés.

Affaire Satarem
Tout semblait se passer très bien dans le cadre de l'opération d'appel d'offres pour désigner l'opérateur économique capable de régler le problème d'ordures à Abidjan. Mais il a suffi que le marché des ordures soit attribué provisoirement à la société Satarem Greensol pour que le
ministère d'Anne Ouloto fasse l'objet de critiques alimentées dans la presse et sur les réseaux sociaux. Des citoyens et observateurs soutenant le pouvoir Ouattara (des militants
Pdci ou même des partisans du RDR) ont émis des réserves. Ils ont appelé la rédaction de l'Intelligent d'Abidjan et ont réagi sur les réseaux sociaux pour dénoncer l'attribution du marché à Satarem-Greensol au motif que l'entreprise française aurait déclaré faillite en France et aurait été radiée de la liste des entreprises crédibles en France. La société Satarem-Greensol
n'existerait pas, donc est fictive,selon les détracteurs sur la base de recherches sur internet, là où un courrier officiel adressé aux responsables français ou suisse aurait pu éclairer les uns et les autres. L'état ne prend pas des décisions sur la base d'informations disponibles sur le site internet d'une société. A l'heure de la cybercriminalité, il est loisible à des escrocs de créer un site, et publier de faux bilans, pour distraire un gouvernement, si le principal critère doit rester la recherche sur le net. On accuse sans aucune preuve, Anne Ouloto comme si la première responsable de la salubrité urbaine en Côte d'Ivoire s'était entendue avec des amis pour créer une société écran afin de pomper les ressources des contribuables et disparaître par la suite. Sur la simple base de recherches sur internet, (recherches non homologuées par une instance de certification), une partie des détracteurs estime que Satarem ne présente pas les garanties, ni la capacité de réaliser un travail propre, répondant aux critères de qualité exigés par les conditions de l'appel d'offres. Ces critiques tendent à mettre en cause aussi bien Satarem
qu'éventuellement la qualité et l'identité du partenaire local de Satarem.

La presse pro-Gbagbo dans la danse
Les journaux indépendants ou proches du RHDP ont été lents dans l'allumage parce qu'au départ, malgré les alertes des internautes et les interpellations de certains opérateurs économiques, ces journaux ne voyaient pas le feu en la demeure. A contrario, le dossier a bien intéressé la presse
bleue. Anne Ouloto, Hamed Bakayoko, Adama Bictogo et même la Première Dame ont
été mis en cause. Certaines accusations et insinuations ont fait dire que des responsables de l'Etat, au départ vigilantes, ont jugé qu'il s'agissait d'une cabale et d'une intoxication à caractère politique. Cette situation n'a cependant pas empêché des sympathisants du RHDP, tout en dénonçant les amalgames faits dans les médias, à attirer l'attention et inviter à regarder de plus près l'appel d'offres remporté par Satarem.

Une société de droit suisse créée en 1992 Selon nos informations, l'entreprise Satarem a été créée en 1992. Elle intervient dans plusieurs domaines d'activités dont la pré-collecte et la collecte des ordures ménagères. Satarem est une société de droit suisse.
Les recherches effectuées sur internet ne peuvent pas engager la société et servir d'argumentaire pour disqualifier le travail du comité ayant sélectionné l'entreprise, explique un homme de droit, qui dit défendre les intérêts de Satarem en Côte d'Ivoire. Selon lui, le partenaire technique de Satarem est la société de Louis Nicolin, patron du club de football Montpellier. Sa société est chargée de la pré-collecte des ordures en France et est l'un des leaders
européens. L'homme de droit ajoute que l'entreprise est présente dans une soixantaine de pays.

Quel est le rôle de Greensol dans l'opération ?
Créée récemment comme plusieurs autres entreprises ayant
soumissionné dans le cadre de l'appel d'offres sur la pré-collette et la
collecte des ordures ménagères, Greensol a joué le rôle de facilitateur et de
partenaire local dans le traitement de l'appel d'offres. Satarem-Greensol est
une joint venture appelée peut être à disparaître et à être remplacée par la
création de Satarem Côte d'Ivoire avec des actionnaires ivoiriens aux côtés de
Satarem. A terme, Salif Bictogo qui n'est pas, selon nos informations,
actionnaire dans Greensol même s'il en est administrateur et président du
Conseil d'administration, peut sortir du processus. Toutefois sur cette question,
des proches du président du Stella rassurent : ''C'est un homme d'affaires qui
n'a pas attendu le nouveau régime pour faire ses affaires. Il a été candidat à
la FIF sans que cela pose un quelconque problème. Si son frère avait été
ministre des Sports et tutelle de la FIF, il y aurait eu conflit d'intérêt,
encore que les clubs pouvaient bien ne pas le voter. M. Adama Bictogo n'est pas
ministre de la Salubrité Urbaine. Sa qualité de ministre de l'Intégration
africaine ne peut constituer un handicap. De toutes les façons, depuis
l'épisode de la FIF, le ministre qui avait déjà pris des mesures dès sa
nomination concernant ses activités propres - puisqu'en plus d'être homme
politique, il est connu de tous comme un chef d'entreprise et un opérateur
économique -, avait tiré des leçons et pris un certain nombre de précautions.
Mais il ne peut interdire aux siens de faire des affaires et de participer à
des appels d'offres de marchés publics. En la matière, seule l'épouse légale
d'un ministre ou sa concubine connue, et les enfants directs ou à sa charge, ainsi que des membres du
cabinet peuvent être frappés
d'interdiction et non les frères. Retenez que nous n'avons été trempés dans aucune
affaire louche. Et puis, sachez qu'Anne Ouloto préférait, selon nos sources, la
société américaine Greencity, mais Satarem a fait une meilleure prestation,
après la découverte d'une tricherie orchestrée en faveur de ISP-Pangola".
Tout devrait être parfait et aller sur des chapeaux de roues, selon cette
version des faits.

Critiques et soupçons fusent de partout
Pourtant des critiques existent. Qu'est-ce qui explique
cela? A en croire les sources proches
des vainqueurs de l'appel d'offres, l'affaire est simple parce qu'elle est
politique :" C'est une affaire des mauvais perdants. Les mauvais perdants,
ça donne LMP. Pour être plus sérieux, c'est le groupe de ceux qui n'ont pas
gagné qui tente une campagne de presse visant à discréditer les autorités. Mais
sous ces aspects de règlements de comptes entre des hommes d'affaires, se
cachent une guerre et une revanche
politiques", explique Maurice M. qui cite Eugène Kouadio, ex-bras droit du
Maire du Plateau, Akossi Bendjo. Eugène Kouadio a créé ISP avec pour partenaire
l'entreprise Pangola. Des anciens de la société SAS, attribuée à Blé Goudé, Mel
Théodore et Mme Angèle Boka, ex-ministre de l'Environnement, seraient dans le
coup. La société américaine Greencity (..) est également mise en cause dans les
allégations d'absence de fair-play. La contre-attaque de Greensool se poursuit :" Au niveau de la direction
des marchés publics, et au Bnetd, il y a des responsables et acteurs Lmp qui
ont été maintenus à leurs postes et qui
sévissent. Au lieu de se contenter de faire leur travail technique, ils tentent
de poursuivre au sein de l'administration, la guerre perdue dans les urnes et
par les armes. Cette guerre dans les ordures est un prolongement de la guerre
avec LMP. Que les pro-Ouattara, qui de bonne foi, se sont engagés dans la
question de la transparence dans la gestion de l'Etat et l'application du code
d'éthique par les membres du gouvernement ne se trompent pas de combat. Ceux
qui crient au scandale sont ceux-là mêmes qui ont pris l'argent avec des
soumissionnaires. Comme ils ont échoué et que Mme la ministre n'a pas trempé
dedans, ils veulent forcément faire croire qu'elle est dans un deal. Par
exemple, le Directeur de cabinet adjoint de Mme le ministre, soupçonné
d'accointances avec ISP, M. Sekongo Laurent, a été limogé par la ministre.
C'est un ancien Meeciste qui aurait pris des engagements et promis d'aider l'un
des soumissionnaires. Quand cela a échoué, les victimes ont délié les langues.
Ceux qui ont trempé dans cela et se sont fait avoir, ne peuvent pas se
permettre de crier au loup, en suscitant des articles de presse. Avec de telles attitudes, Mme Ouloto a eu
raison de veiller sur la transparence et d'éviter que des experts utilisent
l'administration et l'appel d'offres pour placer des amis. Il faut éviter de
donner la pré-collecte et la collecte des ordures ménagères à des gens qui peuvent tout arrêter un matin
pour pousser à la colère et à la révolte les Abidjanais contre le
gouvernement". Dont acte !

Un proche de Don Mello mis en cause
L'attaque se veut sans concession suite aux nombreuses
accusations et insinuations faites à l'encontre de Satarem-Greensol dont des «
défendeurs » mettent nommément en cause
Tagro, un expert du Bnted. Autrefois homme de confiance de Don Mello et proche
de feu Désiré Tagro, ce haut cadre avait été un acteur clé, dans la gestion du
dossier des déchets toxiques. Malgré son background et son passé de militant,
l'homme continue de gérer des dossiers sensibles. Désormais, Patrice Tagro est
soupçonné d'être parmi ceux qui alimentent la cabale contre Anne Ouloto et
Satarem -Greensool. Suite à plusieurs articles dans les journaux, notre
interlocuteur Maurice. M renchérit :" Quand on parle de la colère
d'Obama pour un marché dans la gestion des ordures à Abidjan, quand on met en
cause des personnalités comme Hamed Bakayoko et même la Première Dame, il est
évident que l'affaire devient politique et que ceux qui défendent cette thèse
auprès du Président Ouattara ( à côté de ceux qui plaident pour une reprise de
l'appel d'offres), sont confortés dans
leur argumentaire par les allégations politiciennes et partisanes dans la
presse. Ces insinuations, spéculations et soupçons empêchent les débats
techniques. Les accusations sont faites sur la base d'émotions et d'états
d'âme, sans aucune preuve à l'appui. De grands principes comme le délit
d'initiés, le conflit d'intérêts sont invoqués, sans aucun argumentaire solide et rigoureux. Sans aucune preuve.

L'affaire Celpaid en filigrane
Ce dossier rappelle l'affaire Celpaid, dans laquelle les
aspects techniques, les difficultés sur le terrain, les lacunes au niveau de la
sensibilisation et de la communication n'avaient pas été mis en avant, lors des critiques. Les
accusateurs avaient préféré dénoncer un délit d'initié sous prétexte que la
société Celpaid qui existait depuis longtemps et avait pignon sur rue,
appartiendrait au Ministre Mamadou Sanogo. Finalement, les partenaires de
l'Education nationale ont adhéré et les parents d'élèves commencent à s'y faire
après les critiques sur les difficultés. Sans oublier qu'à côté de Celpaid, MTN avait un projet et un marché
similaires. A la lumière de la
mésaventure qu'elle vit , les promoteurs de l'entreprise Satarem-Greensool
souhaitent que la charte d'éthique adoptée récemment par le gouvernement soit
appliquée aux responsables de l'administration qui gèrent les dossiers d'appel
d'offres.

Une commission pour lutter contre la corruption
Loin des accusations portées contre Satarem et de la
contre-attaque du mis en cause, des acteurs et citoyens estiment sur les
réseaux sociaux, que le chef de l'Etat Alassane Ouattara devrait mettre en
place une commission nationale de lutte contre la corruption et
l'enrichissement illicite. Une loi présentée en son temps par Henriette
Diabaté, avait été votée à l'Assemblée
nationale. La Côte d'Ivoire a ratifié une convention des Nations Unies sur la
lutte contre la corruption. Une charte d'éthique a été adoptée par le
gouvernement. Malgré cela, malgré également les exhortations du chef de l'Etat
en Conseil des ministres et lors de ses interventions publiques, le sentiment
de la survivance des mauvaises pratiques est ancré dans les esprits.

Appel à un balayage et changement des pratiques
Des Ivoiriens ont le sentiment que les hommes n'ont fait que
changer à la tête et que les mauvaises pratiques résistent. Elles ont pour noms
: clientélisme et copinage ( favoriser un frère, un cousin, un ami ou une
relation dans l'attribution ou la gestion des affaires de l'Etat) ; abus de pouvoir, abus de position dominante(
profiter de sa position dans l'Etat pour tirer des avantages indus et non
réguliers, tenter d'influencer une décision de justice ou une procédure
administrative) ; trafic d'influence( se
prévaloir, ou laisser un tiers se prévaloir de sa qualité pour obtenir une
chose, ou influencer le cours des choses) ; sans abus, l'abus des privilèges et
de la jouissance des biens et moyens de l'Etat, c'est- à dire, des moyens
appartenant à tous ; sans oublier la
poursuite des tâtonnements de la justice qui fait des efforts pour être partie
de presque zéro, après le 11 avril 2001. Ceux qui ont été victimes des
mauvaises pratiques de gouvernance, et des abus sous l'ancien régime, ou même
ceux qui en ont été simplement témoins, et ont fondé un grand espoir en
l'avènement du président de la République, grognent. Ils souhaitent qu'Alassane
Ouattara implique davantage la société civile en dehors de la société politique, dans la recherche des solutions sur
les bonnes pratiques gouvernementales, pour la promotion de l'Etat de droit.

Et pour conclure
En attendant d'arriver à cette clarification des règles et
des pratiques après la déclaration des biens du chef de l'Etat, le contrôle des
biens des ministres, et des hauts responsables de l'Etat , il reste clair que
le ministère de la Salubrité urbaine, Satarem-Greensool et ses promoteurs sont
victimes à tort de cette exigence d'éthique et de transparence. Une noble
exigence, malheureusement exploitée de façon abusive et à d'autres fins par des
acteurs non animés de la même bonne foi attribuée aux lecteurs et observateurs,
qui ont interpellé l'Intelligent d'Abidjan, le quotidien dont vous avez rêvé,
et l'ont invité à intervenir dans le débat.
Réalisé par Charles Kouassi, Ismaël Dembélé, Honoré Kouassi
et MTT


1
Réaction d'Anne Ouloto :
''Le choix de Satarem-Greensol a été fait avec rigueur et
objectivité''
La ministre de la Salubrité urbaine, Mme Anne Ouloto, a reçu
les voux de ses collaborateurs le mardi 31 janvier 2012 dans les locaux du
ministère sis à Cocody-Riviera. A cette occasion, elle a félicité les membres
de la commission d'appel d'offres ayant statué pour le choix du nouvel
opérateur en charge du ramassage des ordures dans la ville d'Abidjan. A l'en
croire, ceux-ci ont travaillé en toute indépendance dans un esprit d'équité, de
loyauté et d'objectivité pour retenir l'opérateur qui présentait le meilleur
profil. « Le choix de Satarem Greensol qui a été fait avec rigueur et
objectivité, doit permettre aux uns et
aux autres de comprendre que les temps ont changé. Et que nous avons opéré une
rupture totale avec les pratiques du passé. Je rends hommage à l'Anasur, au
cabinet, au Daaf et à la direction des marchés publics de Côte d'Ivoire pour le
travail remarquable abattu », a-t-elle indiqué. Avant d'exhorter tous les
autres agents de son département à s'inspirer de cet exemple « d'objectivité,
d'impartialité et d'équité » afin que les opérations de salubrité urbaine
soient exécutées dans la vision du président de la République. « Si chacun
reste impartial dans ce qu'il fait, comme la commission nous l'a montré, nous
aboutirons toujours à un travail bien fait. La vision du président de la
République doit être une boussole pour nous donner des résultats indiscutables.
Vous devez travailler avec loyauté et l'amour du travail bien fait. Soyez
rigoureux dans ce que vous faites. Soyez des exemples de probité, d'abnégation
et de droiture. Les gens diront ce qu'ils veulent mais vous avancerez avec des
résultats. C'est à cette culture des résultats et du travail bien fait que je
vous appelle pour ne plus que je tombe malade à voir l'état d'insalubrité de
nos villes », a-t-elle lancé. Bien avant, les porte-parole des agents et du
cabinet ont tour à tour présenté leurs voux à ''Maman Bulldozer'' et l'ont
encouragée à poursuivre son opération « Pays propre ». Afin que la Côte
d'Ivoire, ont-ils confié, «ne soit plus un pays malade de l'insalubrité». Au
titre des doléances, ils ont sollicité «une couverture maladie, l'extension de
la prime de salissure à tous les agents et l'amélioration des conditions de
travail».


Encadré 1
Qui veut mettre en mal les efforts du gouvernement ?

Hier, c'était la dévaluation du FCFA qu'on prédisait au 1er
janvier 2012. Et comme cela n'a pas suffi, aujourd'hui, c'est une affaire de
mal gouvernance, avec le ministère de la Salubrité Urbaine. Une affaire qui
prend l'allure d'un règlement de comptes et de sabotage des efforts qui ont été
jusque-là faits pour rassurer la communauté internationale. Ce qui intrigue
dans les différents articles parus ces derniers temps dans certains journaux,
c'est qu'on veut faire croire au monde entier, principalement aux
représentations diplomatiques et aux institutions financières, que le pouvoir
Ouattara foule aux pieds les règles de bonne gouvernance et de transparence.
L'objectif est de voir la Côte d'Ivoire isolée sur la scène internationale,
pour avoir en face des Ivoiriens affamés, prêts à en découdre avec le pouvoir
en place. Sinon à quoi répondent ces
attaques incessantes, au moment où le chef de l'Etat effectue en ce moment des
tournées européennes pour inciter les investisseurs à reprendre la destination
Côte d'Ivoire ? Surtout à un moment crucial où tous les partenaires financiers
s'apprêtent à accorder à la Côte d'Ivoire un allègement de sa dette extérieure.
Que gagnent les commanditaires de ces attaques dont le but est de ternir les
efforts des autorités ? Ce qu'ils oublient, le programme PPTE (pays pauvres
très endettés) n'est pas destiné uniquement aux militants du RHDP. C'est un
programme pour tous. Comme celui dont ils tirent déjà profit du développement
enclenché, à travers la réhabilitation des voies publiques à Abidjan et à
l'intérieur. Ce qui n'était pas le cas, hier. S'ils se plaisent à mettre le
pays en retard, ils peuvent continuer. Mais c'est tout le monde qui en sortira
perdant.


Encadré 2
Faire pression sur Ouattara et Charles Diby en
discréditant Anne Ouloto

Le dossier n'a pas encore été définitivement validé. Le
ministère de la Salubrité urbaine a pris soin, dans le cadre de la procédure,
de prendre les attaches du ministère de l'Economie et des Finances. Tout a été
fait dans les règles de l'art, selon les informations fournies par des sources
proches de la Commission chargée de l'appel d'offres. Néanmoins, ceux qui ont
été déboutés, ont saisi l'autorité nationale de régulation des marchés publics,
tandis que la direction des Marchés publics, qui avait des représentants, dans
la COJO, (Commission de jugement des offres) du ministère de la Salubrités,
doit donner un avis et non une opposition, pour la validation du dossier. C'est
à la suite de cet avis, que le marché sera définitivement attribué à
Satarem-Greensol. Parmi ceux qui crient au loup, il y a des citoyens de bonne
foi, qui veulent comprendre et restent animés de meilleures intentions.
Cependant, il est utile de faire attention à des opérateurs économiques, qui
tentent de faire diversion pour obtenir par voie de pression médiatique, et
pression populaire, un marché qu'ils n'ont pas voulu remporter de façon
transparente. Tenter de faire pression sur les autorités, en discréditant Anne
Ouloto et Satarem, n'est pas la bonne solution. On le voit désormais,
puisqu'après avoir subi des assauts, attaques et insinuations, Satarem-Greensol
lâche ses vérités. Sans oublier que le ministère de la Salubrité finira bien
par rompre le silence et répondre publiquement à ses détracteurs, qui
distillent tant d'informations dans l'opinion publique. Qui a dit que les
affaires et l'argent n'aiment pas le bruit ?



Encadré 3
Ils ont voulu couler Satarem
Dans la commission d'appel d'offres, siègent 7 personnes (2
du ministère de la Aalubrité urbaine, 2 du Bnetd, 1 de la direction des marchés
publics et 2 de l'Anasur, maître d'ouvrage). Maître d'ouvre, le BNETD apporte
son expertise. Toutefois, l'on a assisté à une volonté de l'expert du Bnetd de
dépouiller le ministère de ses prérogatives. Cette situation a conduit à s'en
remettre à l'article 74 du code des marchés publics, qui ne rend pas obligatoire
l'avis du maître d'ouvre. Par ailleurs, dans de nombreux appels d'offres, il
est arrivé que celui qui est classé en première position, ne soit pas
bénéficiaire de la décision du politique. Idem pour les appels de candidature.
Dans le cas d'espèce, Satarem-Greensol a fait l'objet d'un ostracisme au cours
de la procédure. Sur 20 entreprises ayant retiré les dossiers d'appel d'offres
à raison d'un million de FCFA payé par retrait, seules 12 entreprises ont
effectivement déposé des offres. Des critères rigoureux et sélectifs ont été
exigés. Pour être retenu, il fallait obtenir un certain nombre de points. Aucun
des trois premiers retenus sur les douze n'a pu obtenir la bonne note. C'est
alors qu'au lieu de reprendre à zéro toute la procédure, le ministère de l'Economie
et des Finances autorise une consultation restreinte, à l'issue de laquelle, il
espère que les trois entreprises arrivées en tête, pourront améliorer leur
offre et convaincre la commission. Mais Satarem-Greensol rencontre un sérieux
problème. De toutes les 12 entreprises du départ, elle seule a pu obtenir et
présenter une garantie bancaire, alors que cela n'était pas exigé au départ.
C'était une condition finale, à remplir en cas de présélection. La lettre de
caution bancaire, c'est de l'argent en papier. Des membres de la commission des
appels d'offres ont confisqué l'orignal du document que la banque exigeait,
avant d'établir une autre caution bancaire actualisée. Refusant de prendre en
compte la première garantie bancaire déposée, sous prétexte qu'elle n'était pas
demandée lors de la première soumission , et n'a donc pas été analysée, la
commission refuse pourtant de rendre ledit document bancaire, empêchant du coup
d'établir une nouvelle garantie. Cette manouvre n'ayant pas prospéré, des
membres de la commission ont vite fait de dénoncer que Satarem n'a pas obtenu,
ni présenté la caution bancaire exigée.


Encadré 4
Ce qui a perdu ISP-Pangola

ISP-Pangola est le consortium créé par Eugène Kouadio. Après
avoir récupéré des profits dans une industrie laitière, l'ex-bras droit
d'Akossi Bendjo et ex-chef de cabinet de Charles Konan Banny à la Primature, a
décidé de se lancer dans le secteur du traitement des ordures. Il crée une
société dans la même période que Satarem, et part à la recherche de partenaires
techniques étrangers. Eugène Kouadio trouve Pangola, une entreprise qui exerce,
entre autres, en Polynésie française et en Nouvelle Zélande. Il se fait aider
dans la constitution de son dossier par des experts du BNETD, qu'il a
intéressés. Ceux-ci font tout pour l'aider et pour lui faire obtenir le marché,
mais leur zèle et leur activisme suscitent le soupçon des services du ministère
de la Salubrité urbaine. Le jour de l'ouverture des plis, M. Eugène Kouadio
arrive en retard à la séance. Il se présente après 10H00, alors qu'à cette
heure les portes devaient être closes. Pourtant, il bénéficie du retard de
l'expert du BNETD, Tagro Patrice arrivé 30 mn après 10 heures. Est-ce un simple
hasard ? Le seul retard était suffisant, pour recaler ISP-Pangola. Mais la COJO
manifeste tolérance. Invité à fournir la totalité des documents exigés, Eugène
Kouadio explique qu'à cause de l'accident dont il venait d'être victime, il ne
peut produire séance tenante tous les documents. Des membres de la commission
s'inquiètent qu'une entreprise pressentie pour être en première position, n'ait
la possibilité d'obtenir immédiatement le double des documents exigés.
Néanmoins, une prolongation de délai est faite jusqu'à 18 heures le même jour.
Malgré cela, les documents ne seront jamais transmis officiellement au cabinet
de Mme Anne Ouloto. Cette situation de dossiers incomplets, n'a pas empêché des
membres de la commission, de défendre activement la cause d'ISP-Pangola, au
détriment de Satarem. La vérité est que nuitamment, ISP aurait obtenu des
informations confidentielles. Ceux qui parlent de délit d'initiés, devaient
regarder ailleurs. Devant mettre à jour les nouvelles données, et actualiser
les calculs au niveau des prix, pour devancer SATAREM, ISP n'a pas pu produire
à temps, les documents exigés.


Encadré 5
Palabres dans un hôtel à Bassam

Sekongo Laurent a été limogé. Il n'est plus le directeur de
cabinet adjoint de Mme le ministre de la
Salubrité urbaine. Informé de la nouvelle, il y a une dizaine de jours,
l'intelligent d'Abidjan avait joint les services d'Anne Ouloto avec cette
question précise : est-ce vrai que le directeur de cabinet et le chef de
cabinet du ministère ont été limogés ou suspendus ? La question était claire,
elle portait sur le directeur de cabinet et le chef de cabinet. Les services
d'Anne Ouloto n'ont pas eu de mal à dire que c'est faux. « Le directeur de cabinet et le chef de
cabinet sont à leurs postes », ont-ils répondu sereinement. En vérité, ils
n'ont pas voulu répondre à une question que nous n'avions pas posée, puisque c'est
plutôt le directeur de cabinet adjoint qui était concerné. Le ministère d'Anne
Ouloto n'ayant pas le droit, selon son décret d'organisation et l'organigramme
adopté en conseil des ministres, de démettre un directeur de cabinet adjoint
d'une part et d'autre part dans l'attente d'une nomination d'un secrétaire
général , il a été décidé de mettre fin aux fonctions de Sekongo Laurent .
Toutefois, cette explication officielle semble ne pas résister aux
informations, selon lesquelles des sources proches d'ISP-Pangola reprochent à
l'ex-directeur de cabinet d'avoir perçu de l'argent en promettant l'obtention
du marché. L'affaire ayant mal tourné, les victimes réclament leur argent.
Cela a donné lieu, il y a quelques
jours, à une réunion de vérité dans un hôtel de Grand-Bassam. Des comptes ont
été demandés, et des menaces ont été proférées. Pas encore saisie
officiellement d'une plainte de cette nature, Mme le ministre Anne Ouloto,
selon nos informations, pourrait néanmoins diligenter une enquête administrative interne, pour en savoir
un peu plus. L'ex-directeur de cabinet adjoint, aurait fait preuve d'un
activisme et d'une grande complicité avec Patrice Tagro, dans la défense des
dossiers ISP-Pangola et Greencity, au point de mettre la poudre aux yeux de son
entourage.
Les réactions
 
Wourou Fato  a écrit
04 Février 2012 10:50:40
Le bravetche nous a vraiment eu deh!On attendait l'excellence et il nous a servi des bras cassés comme ministres.On attendait la bonne gouvernance et il nous sert des affamés, des affairistes des fraudeurs des menteurs.Nous ne nous sommes pas battu contre Gbagbo et ses voleurs pour qu'on vienne nous voler nous mentir.La Anne Oulotto de l'hotel du Golf nous a fait rever; elle nous a fait esperer que le pays avait changé , que nenni.Je comprends maintenant les gens qui avait peur de leur confier le pays de FHB.Je ne sais pas si cette affaire rattrapage est vraie, mais on pouvait rattraper avec les meilleurs au moins.Président ton peuple qui t'aime te regarde.
 
Ds  a écrit
03 Février 2012 01:02:14
De la part de ceux qui ont froidement éxécuté ib son petit frere et 5 personnes ne me'étonne pas. C'est ib qui était dans la vérité par rapport a ses anciens voyous qu'il n'aimaait pas et ne pouvait cautionner.
 
Shan Djyt  a écrit
03 Février 2012 08:25:33
Ainsi donc les BITOGO sont de véritables prédateurs du régime, humm!Une mafia légalisée sans crainte sous ADO.
Pésident il est temps de faire ATTENTION, la confiance sans contrôle devient approuver les gestes et faits de cette bande de VOLEURS.
 
Krady  a écrit
03 Février 2012 08:23:49
très bonne analyse et je voudrais que vous continuer dans cette optique.
bravo et encore bravo pour l'article.
 
Le Loup  a écrit
03 Février 2012 05:40:45
Tres bon dossier; mais cela ressemble un peu à une bouée de sauvetage lancée par un petit anago fraudeur a la nationalité a l'endroit des petits mossis fraudeurs a la nationalité le tout enrobé de la solidarité des ressortissants de la cedeao d'agboville.Nous vous avons a l'oeil et le meilleur est pour très bienôt.
 
Armand  a écrit
03 Février 2012 03:48:09
FELICITATION a l'Inteligent d'Abidjan pour ce dossier si claire et limpide.
Je retient le nouveau DG du BNEDT n'a pas pas la mue apres sa prise de fonction et cela est innadmissible.Que des anciens cadres-militants du BNETD continue de discretditer cette structure est de la responsabilite du DG.
On sait ce que DON melo a fait du BNEDT en creant une multitudes d'agences qui lui servait de caisse noires.Les travaux de effectues dans ces agences (Benin,RCA,congo,Guinne-Equatoriale etc...) sont verses sur un compte apprtenant a DON Melo et ca tout le monde le sait sauf surement le nouveau DG.Il est temps qu'il redonne au BNEDT son prestige d'antan.
Nous regrettons enormement que le poste de DG du BNEDT n'ait pas ete mis en appel a candidature comme certaines entreprises.