Monsieur le Premier Ministre,
Je voudrais avant de commencer mon propos, sincèrement vous féliciter Monsieur le premier ministre pour l'immense travail abattu en si peu de temps afin de remettre sur les rails un pays qui était au bord de la faillite. Cet exploit fonde nos espoirs en un avenir meilleur.
Nous croyons que le développement économique harmonieux de la Côte d'Ivoire passe par un secteur privé dynamique et une gestion équitable des fruits de la croissance.
Les mutations qui permettront à la Côte d'Ivoire d'être un pays émergents à l'horizon 2020 conformément à la vision du Président de la république, SEM ADO, passent nécessairement par la mise en place d'une administration capable de fournir des prestations de qualité pour répondre aux attentes des usagers ou « client ».
L'un des principaux défis à relever est certainement le système de gestion des emplois et des compétences dans l'administration.
En effet, l'administration en plus de recruter des compétences se doit être à même de les conserver par un système de rémunération et de motivation adapté et équitable.
Le recrutement actuelle se fait sur la base de concours assez sélectifs donc bien adapté s'il l'on parvient à enrayer les cas de fraude.
Par contre, l'on ne peut pas en dire autant du système de rémunération et des avantages accordés aux fonctionnaires. C'est l'une des sources du manque de motivation du personnel qui a pour conséquences la fuite des compétences, les pratiques frauduleuses et le laïcisme constaté dans l'administration.
A titre d'exemple, il est ahurissant de constater que le même employeur (Ministère de la fonction publique) paie plus cher les agents de niveau BAC+2 et 3 appartenant aux corps des enseignants ou des informaticiens que les ingénieurs (Bac +5) pour ne citer que ceux là.
Le salaire net de l'ingénieur à ce jour est de 180 000 FCFA/mois. Une Prime de responsabilité de 75 000 lui est octroyé en plus s'il est sous-directeur et de 120 000 FCFA/mois s'il est directeur.
Ces salaires dérisoires et complètement inadaptés au cours de la vie et aux antipodes de ce qui se fait dans le privé ne permettent pas aux travailleurs de ce grade élevé de l'administration de vivre décemment et de s'affranchir des problèmes qui les assaillent au quotidien pour fournir un travail de qualité.
En outre, certaines administrations ont institué un système de primes sectorielles particulièrement juteuses sur les ressources publiques au profit de leurs agents. Ainsi, le Ministère de l'Economie et des Finances pour ne pas le nommer, vous pourrez constater qu'un ingénieur perçoit environ 2 Millions de FCFA de primes par trimestre et un chauffeur 750 000 FCFA sur la même période tandis que leurs collègues ayant passé le même concours et ayant les mêmes diplômes broient du noir.
Les agents sont ainsi fondés à utiliser, tous les moyens à leur disposition pour quitter les ministères les moins pourvus pour les plus attrayants (avantages divers).
Je rêve d'une administration efficace capable de relever les défis de la relance économique par un accompagnement du secteur privé à travers des prestations de qualités.
Il y a une maxime qui dit que « si l'on ne change rien, rien ne change ». Vous connaissant homme de progrès et de reformes constructives, je reste convaincu que les dysfonctionnements relevés feront partie de vos priorités dans les chantiers à venir.
Je voudrais pour conclure, vous priez de croire monsieur le Premier Ministre à l'assurance de ma haute considération.
GUY lebete
guybet20@hotmail.fr