Séa Robinson
Qui se souvient encore de Séa Robinson ? Pas grand monde comme pour tous les grands athlètes ivoiriens plongés dans le néant de l’oubli collectif après les années glorieuses au service de la Nation ivoirienne. Parmi eux, le boxeur Séa Robinson. Ce fonctionnaire de l’Education Nationale à la retraite a bien voulu confier un peu de ses souvenirs à lebanco.net.  Boxeur émérite, il avait une main gauche foudroyante  qui a fait parler de  lui sur les rings dans les années 70 en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. Son dernier combat le plus prestigieux fut contre Elisha O’bed le 26 avril 1976.Il a perdu aux points ayant manqué de mettre KO son adversaire qui titubait. On se souvient encore de la foule qui scandait : ’’Séa la gauche, Séa la gauche’’, incitant l’ivoirien à utiliser son coup de point gauche pour achever son challenger. Le Bahaméen O’bed s’est ressaisi pour ensuite gagner aux points. Mais que devient ce mythique boxeur ivoirien ?
Après cette carrière d’amateur du ring, Séa Robinson a officié comme maître d’Education Physique et Sportive. Depuis 2000, il a fait valoir ses droits à la retraite après de loyaux services rendus à son pays, la Côte d’Ivoire. Actuellement, il fait partager ses expériences à certains amateurs de la boxe de son pays. Séa Robinson est titulaire d’une formation de maitre d’Education Physique et Sportive de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS). Des compétitions disputées en Afrique et en occident, lui ont permis d’acquérir une grande expérience qu’il met au service de ses cadets. En tant qu’athlète, Séa robinson a fait les beaux jours de la fédération de boxe ivoirienne,  avec laquelle il a été trois fois champion d’Afrique dans la catégorie welter et une fois vice-champion du monde  dans la catégorie superwelter. Le  24 avril 1976, s’écrivait la page la plus triste de la carrière de ce géant de la boxe ivoirienne. Le dernier combat pour Séa robinson dans la course au titre de champion du monde dans la catégorie des super welter qui l’a opposé au bahamien Obed Elisha. Qu’a bien pu arriver ce jour là à l’homme au bras gauche mythique, qui aura terrassé biens d’adversaires dans les compétitions internationales ? « Obed m’a attrapé par les hanches au cours du combat. Ce qui aurait dû lui valoir la disqualification systématique. Mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Et voilà », s’est justifier l’ancien sphinx du ring ivoirien. Le natif de Gohouo, dans le département de Bangolo, une ville située dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a plusieurs fois permis, au drapeau ivoirien de flotter dans les airs internationaux. Aujourd’hui, Séa Robinson brandit avec fierté, la médaille de Chevalier dans l’Ordre du Mérite Sportif de la République de Cote d’ivoire que Feu le Président Félix Houphouët Boigny avait épinglé sur sa poitrine. Parlant des conditions de vie dans lesquelles travaillent les boxeurs ivoiriens d’aujourd’hui, il a émis des regrets  « En notre temps, quand nous étions amateurs dans les années 66, quand on boxait, on faisait salle comble et on recevait également beaucoup de présents, en nature comme en espèces. Et cela nous soulageait quand bien même on n’avait pas de salaire. Mais aujourd’hui  ce n’est pas le cas. Quand il ya des combats, les salles sont pratiquement vides et les boxeurs ne sont pas encouragés». En homme avisé et vétéran de la boxe, il  conseille aux jeunes amateurs de la boxe de « prendre leur métier au sérieux parce qu’ils l’ont choisi librement ». Toutefois, il nourrit beaucoup d’espoir pour l’avenir de ce sport car pense t-il, « les choses sont en train de s’améliorer peu à peu ».Ce qui a plus émaillé sa préoccupation au micro de l’équipe de lebanco.net, c’est surtout les litiges et divergences des dirigeants de la fédération ivoirienne de boxe. Sur la question, Séa Robinson a lancé un appel formel à plus de paix et à une gestion rigoureuse de la fédération  « et non que l’un utilise les fonds de la fédération pour son compte personnel. Il faut que la direction de la fédération soit aux mains des boxeurs ainsi que la gestion des fonds aux amateurs de ce sport et non des personnes qui occupent déjà des fonctions ,motif pour lequel ceux –ci accordent le moins de temps pour tenir les rênes de la fédération. » Séa ne nourrit aucun regret à ce jour. Tranquillement, il partage ses nombreuses expériences de sa vie sportive avec les autres.
Emelis Gooré
 
 
 

 
Séa Robinson
Nationalité: COTE D'IVOIRE