Salim Eugène
Très peu de personnes se souviennent encore de Salim  Eugène. Et pourtant, il a été un des grands gardiens de but que la Côte d’Ivoire ait connu. Comme l’avaient été ses devanciers Théo Dossou de l’ASEC et Fanny Ibrahim du STELLA. Aujourd’hui, celui que l’on surnommait tantôt Yachine (le célèbre gardien russe) ou «goalier blanc volant» gère sa société de gardiennage depuis qu’il a quitté le milieu du sport en tant qu’athlète. Un milieu qu’il fréquente de temps en temps pour assister à des rencontres de football «quand l’affiche est intéressante» dit-il.
Sa carrière de footballeur (gardien de but) débute à l’ASEC d’Abidjan alors qu’il n’avait que seize ans. Ce natif de la ville d’Agboville (environ 60 km d’Abidjan) impressionnait déjà par sa détente et sa souplesse. Aux côtés de son illustre aîné Théo Dossou, Salim fait ses armes. Athlète discipliné et travailleur, il alliait classe et élégance. Ses prouesses techniques et son courage faisaient de lui  un dernier rempart sûr pour son équipe. Il rêvait d’égaler son aîné Théo Dossou. Il était sur la bonne voie et pendant huit ans, il donne de la joie et du plaisir aux supporters de l’ASEC. Ses arrêts spectaculaires et décisifs étaient un régal pour tous.
Alors qu’on lui souhaitait une longue et brillante carrière, le «goalier blanc volant» arrête brutalement le football en 1972 quand, au cours d’une rencontre de championnat et dans un choc avec un attaquant adverse dans sa surface de réparation, il est victime d’une double fracture de la mâchoire qui met fin à sa carrière. Guéri quelques années après, Salim Eugène atteint par le virus du sport se tourne vers l’automobile. Il court de nombreux rallyes dont le célèbre BANDAMAN. Même s’il ne monte pas sur la plus haute marche des podiums, il réalise de belles performances qui lui avaient permis de terminer classé. Avec les Alain Ambrosino ,  Mafal ,  Khady Engelbert, Martial Yacé et autres coureurs locaux, il a marqué la course automobile locale.
Entre la gestion de sa société et des visites aux parents, Salim Eugène trouve le temps d’aller dans ses plantations d’hévéa, dans la région de Tiassalé (120 km d’Abidjan), le plus souvent sur sa grosse moto, boire du bon vin de palme et respirer l’air pur de la nature. «J’adore» dit ce « jeune » de soixante-sept ans qui en paraît moins comme du reste tous les sportifs de sa génération qui ont toujours su mener une vie saine et hygiénique.
 
Giovanni Zedeveka 

 
Salim Eugène
Nationalité: COTE D'IVOIRE